24 octobre 2007
Si pareilles et si différentes...
Qui d'autre que ma chère Maman pouvait "ouvrir le bal" de invitations sur mon blog ?? Elle nous fait partager aujourd'hui un dernier texte sur sa période de pensionnat...
"Dans la ville où j’habite, il m’arrive souvent de croiser des groupes d’adolescentes sur le chemin de leur école. Je vois des jeunes filles rieuses et bavardes comme je l’étais moi-même avec mes amies…Et pourtant, comme elles sont différentes de ce que nous étions ! Leur liberté dans la façon de s’habiller, de se maquiller, de se tenir, de parler, me fait mesurer à quel point les mœurs ont changé !
Dans la pension où j’ai passé cinq années, les règles vestimentaires étaient très strictes. La blouse était obligatoire toute la journée et nous inventions des solutions pour la rendre moins triste. Je me souviens que nous ne la boutonnions pas jusqu’en bas afin de laisser voir un pan de robe ; nous la serrions à la taille avec de jolies ceintures ; par dessus le col, nous faisions passer le col d’un chemisier….Le pantalon était totalement interdit et en hiver nous devions porter des chaussettes de laine. Même le port de ces horribles chaussettes était réglementé ! Elles étaient obligatoires de la rentrée des vacances de Toussaint à la sortie des vacances de Pâques !!! Les fantaisies de la météo n’y changeaient rien.
Pour notre toilette, nous n’avions que la longue « auge » qui bordait le couloir contre notre dortoir. Je crois me rappeler que le nombre de robinets était peu important en regard du nombre d’élèves….Mais cela ne nous ennuyait pas trop ! C’étaient uniquement des robinets d’eau froide et par conséquent, notre toilette quotidienne était très succincte. Nous avions la douche le samedi mais je ne suis pas sûre que nous allions nous doucher tous les samedis….Mes souvenirs sur le sujet sont incertains ! Nous nous rendions par groupes de trois dans une pièce spéciale qui se trouvait entre l’internat des filles et celui des garçons. Cette salle de douche était commune aux deux internats. Les trois cabines de douche étaient très sommaires : du béton, un caillebotis, une pomme de douche fixe. Les commandes d’eau se faisaient de l’extérieur. Nous entrions toutes les trois en même temps, chacune dans une cabine. La surveillante criait : « déshabillez vous ! ».Quelques minutes plus tard elle ouvrait l’eau : « mouillez-vous ! ». Elle la coupait : « savonnez vous ! ». Elle la remettait : « rincez vous ! ». On ne gaspillait pas l’eau et le minutage n’était pas large ! Il fallait suivre le rythme au risque de quitter la douche sans avoir eu le temps de se savonner ou de se rincer !!! Nos protestations de l’intérieur des cabines restaient généralement sans effet ! Nous n’étions pas autorisées à nous laver les cheveux ; les shampoings se faisaient à la maison, les dimanches de sortie. Je n’ai pas oublié l’année où j’étais chargée de l’entretien du poêle à charbon de notre classe*. Quand ma mère me lavait les cheveux, il en sortait un jus noir qui en disait long sur la poussière que je devais aussi avaler chaque jour !
Ah ! Mes cheveux ! Ils étaient très épais et bouclés…Ils faisaient mon désespoir : j’aurais voulu les avoir raides et lisses comme c’était la mode à l’époque. De plus, ils étaient indisciplinés et déplaisaient grandement à la directrice. Un jour, elle me convoqua dans son bureau et me dit : « Melle E…, mettez des barrettes s’il vous plaît ; vous avez l’air d’une dévergondée ! ». Quelle vexation ! Je ne savais pas trop ce qu’était une dévergondée mais je me doutais que ce n’était pas un compliment ! Et chaque matin je m’évertuais à aplatir mes boucles à l’aide de barrettes métalliques que ma mère avait achetées pour qu’enfin je ressemble à une jeune fille « comme il faut » !
Je ne voudrais pas que mon récit apparaisse misérabiliste. C’était simplement la vie telle qu’elle était il y a un peu plus de cinquante ans. La douche, l’eau chaude sur l’évier ou le lavabo, les vêtements « à la mode »… tout cela n’était pas répandu dans la société de l’époque. Dans nos internats, sans journaux, sans radios et bien sûr sans télévision, nous ne connaissions pas grand-chose du monde extérieur et tout ce que nous vivions était pour nous dans l’ordre des choses. Quand je raconte ces souvenirs à mes petits-enfants, ils sont souvent incrédules, tellement une telle vie leur paraît inimaginable !"
* Entre 1949 et 1953, à l’internat, il n’y avait pas de personnel d’entretien quotidien. Chaque élève était chargée d’un « service » pour l’année. Les services étaient parfois difficiles : balayage des salles, du dortoir, du réfectoire, des couloirs, entretien des poêles (avec transport du charbon…), vaisselle…Cette année-là, donc, je m’occupais, avec une camarade de ma classe, d’allumer, entretenir et nettoyer le poêle à charbon de notre salle d’étude.

Elle n'était pas mignonne ma Maman ??? Et je vais vous confier un secret... 50 ans plus tard, elle l'est toujours autant !!
Commentaires
Bon voyage cath et merci pour le récit :)
Coucou MamanCath !!
Merci d'"ouvrir le bal" pour notre plus grand plaisir ...
Comment ça "dernier texte sur le pensionat" ??? On en redemande nous !!!
Une bonne journée et de gros bisous
Bonjour Mme Maman de Cath ! merci pour cette belle histoire ! bisous à vous
Pour moi,Mme,c'est toujours un plaisir de vous lire même si parfois les récits sont durs.
Comme vous étiez charmante et vous aviez de bien jolis cheveux qui ne vous donnez pas l'air d'une dévergondée!
Merci de nous faire partager vos souvenirs.
Je vous embrasse,Nannette.
Un superbe récit... qui nous plonge dans le passé, ma grand-mère aussi était dans un pensionnat, et il est vrai que les conditions de l'époque nous semblent ahurissantes de nos jours....
Merci de nous l'avoir fait partager, notamment à moi, qui, avec mes cheveux blonds et lisses, adorerait les avoir frisés!!! (est-ce à dire que je suis une dévergondée dans l'âme? lol!)
Bises maman de Cath
Youlie
encore une jolie page de vie, que ce temps me parait loin.
bises à vous 2
Merci de nous faire partager ces instants de vie.
Bises à maman de Cath.
Quel beau témoignage de la vie d'antan !! Merci, la maman de Cath de nous le faire partager...
Bonne journée,
Merci Maman Cath. Très jolis écrits. Mais mon mari était à l'internat il y a moins longtemps (il a 45 ans) et il a connu des dortoirs de 50 élèves avec seulement un lavabo commun pour 10 enfants et de l'eau froide à tous les étages.
Il est vrai que lorsqu'il raconte celà à nos filles, elles rigolent doucement en pensant que ce sont des mensonges. Je n'ose pas leur faire lire vos récits, elles auraient l'impression d'être sur la planète mars.
Bonne journée
Tu as dû hériter de la magnifique chevelure de ta maman, sauf que maintenant tu serais bien embêtée si tu devais la discipliner avec des barrettes ! Vive la liberté des cheveux !
Merci pour ce retour dans le temps, il nous fait apprécier nos vies actuelles et leurs conforts !!!!
Bonne journée !!!!!
merci Maman Cath
merci d'ouvrir le bal
j'ai adoré ce récit comme tous les autres merci de partager avec nous
mais j'espère que ce n'est pas la fin ! j'ai trop adoré
biz et bonne journée
vivi
Bonjour maman Cath - Merci pour tous ces souvenir qui me rappellent un peu, même si elle était plus âgée, ma maman disparue trop tôt - Hier je n'ai pas pu dire bon voyage à Cath mais mieux vaut tard que jamais - Alors bon voyage Cath et reviens nous vite avec plein de photos qui nous feront encore voyager.
Bonne journée à Maman Cath
C'est sûr que c'était une autre époque... On ne pourra pas dire le contraire aux ados d'aujourd'hui !!!
merci pour cette belle ouverture du bal! les souris dansent pendent que Cat(h) n'est pas là!!!!
un bien beau récit d'antan, merci beaucoup
bonne journée MamanCath
moniKa
encore un joli récit, MamanCath est aussi douée que sa fille pour nous enchanter.
C'est toujours un plaisir de vous lire MamanCath, et très enrichissant aussi, pour moi qui n'est que 25 ans. Il est vrai que nous aurions bien du mal aujourd'hui sans notre petit confort!! Mon dieu que je serais perdu moi qui me lave les cheveux tout les deux jours!! ( oui je sais, c'est trop...) Gros bisous et bonne journée à tous. ( et une pensée bien sur à notre chère Cath). Drey
Toute une époque que je n'ai pas connu. Mais j'ai connu la blouse, elle avait l'avantage de ne pas des désaventager ceux qui ne pouvaient s'offrir des tenues de marque. La personne ne pouvait pas être jugée sur son apparence... Je vais me doucher et apprécier ce plaisir d'autant plus aujourd'hui ;-)
vos récits sont toujours très intéressants. Tous les matins ma fille maudit ses cheveux frisés et passent des heures à passer les plaques pour les lisser... et se les lavent pratiquement tous les jours. Ce soir, je lui ferai lire votre texte.
bonne journée
Très beau récit et quand on y pense, on sedit que nos enfants d'aujourd'hui ont bien de la chance !
Mais en ont-ils conscience ???
Merci et à très bientôt
Merci Maman Cath, je crois revivre les memes instants de ma jeunesse, un peu moins rigides mais pas loin!!
Vous etes très mignonne et vos cheveux sont superbes...
Comme les jeunes d'aujourd'hui sont gatés!
bien amicalement
merci pour ce beau texte si bien écrit.
c'est vrai que quand "c'est dans l'ordre des choses", tout passe mieux.
merveilleux récit bisous@+
"entrez dans la danse...."
C'est un enchantement de vous lire et à travers votre si beau récit, j'entends ma Chère Maman nous raconter ses années de pensionat...
Vous me donnez une idée pour Noël, je vais lui préparer un pot et son carnet souvenirs (façon scrap, bien sur!!)et de sa belle écriture d'institutrice, elle nous fera partager des moments fort de sa vie..
Merci d'avoir si bien ouvert le bal....@ bientôt de vous lire.
bon voyage à Cath...
ps : j'ai oublié le 2 éme n de pensionnat, aie, aie...
J'ai réalisé une page le mois dernier sur ma maman trop tôt partie, avec une photo d'internat dans les années 55 et elle me racontait la même chose, exactement. le départ de la maison était souvent pour vous, toutes jeunes filles, une période très difficile.... mais même cette vie très dure vous a laissé de la nostalgie car je suis sûre qu'elle a été émaillée aussi de bons moments.
bises à vous deux
madame "belle plume" nous fait un nouveau récit dans lequel bien sûr les personnes de ma génération se reconnaissent;tablier ,pas de pantalons, cheveux attachés, pas de maquillage, les jupes sous les genoux...la liste est longue de tout ce qui était considéré comme "tenue correcte";pour ma part , pas d'internat , j'en ai loupé des bons moments !!! merci de nous faire revivre tout cela avec autant de réalisme et d'apporter cet important témoignage d'une époque qui n'est pas si éloignée, hein ? amicalement miji.
Merci encore une fois pour ce beau récit du passé !!
On vous a déjà dit que vous aviez un don pour l'écriture ?? ;-)
Bonne journée, bises,
Séverine.
Merci Mamancath pour ces magnifiques souvenirs, j'adore vous lire!
Bizzzz...! Tinou
MERCI
Merci MamanCath pour vos récits si bien écrits.
Le texte est si beau qu'on en oublierait presque la pénibilité de certains moments vécus à l'époque. Dans les années 60, dans l'enseignement privé (lire catholique en Belgique), nous ne pouvions pas mettre un pantalon en hiver sauf si nous le portions sous la jupe d'uniforme (voyez l'allure !!!!) rien à voir avec les superpositions d'aujourd'hui !!!
Revenez-nous encore avec votre belle écriture.
Merci et gros bisous
elle est "mignonne" et elle écrit bien !
Bonsoir "MamanCath"
c'est avec beaucoup de plaisir que je découvre que vous ouvrez le bal.
Vos récits sont si beaux, même lorsqu'ils racontent des moments moins beaux.
Ils me font penser à ce que maman nous racontais avant qu'elles ne nous quitte sans prévenir.
Revenez quand vous voulez.
Un bon moment de lecture passé grace à vous mamanCath.On attend la suite...
merci
Tu as une bien jolie maman et surtout très talentueuse, son écrit est envoutant... un livre d'elle, je le dévorerait en une seule fois, c'est fluide, agréable, avec des détails mais pas ennuyeux... c'est génial !!!!!
bonsoir MamanCath, quel beau récit raconté avec bcp d'émotion. ca me rappelle ce que mon papa me raconte de temps en temps. lui n'était pas au pensionnat mais il faisait 5kms à pied pour aller à l'école et donc idem au retour. et qu'il fasse beau, pluie, froid ou neige c'était pareil toujours en bermuda avec de longues chaussettes et en plus pas question d'arriver en retard! bon j'arrête car je ne suis pas aussi douée pour raconter. je pense que je lirais votre récit à mes deux enfants...merci de nous faire partager vos souvenirs. à bientôt
Merci madame de nous faire partager vos souvenirs. C'est important que des gens comme vous nous raconte la vie quotidienne d'un temps passé pour que la mémoire collective se souvienne de tous ces détails qui font la petite histoire et qui semble incroyable à ceux qui ne l'ont pas vécu.
très jolie souvenir j'ai encore prie plaisir a vous lire maman de cath
patou
Bonjour !
Encore un très beau récit, qui me permet de garder un peu les pieds sur terre dans cette société où tout semble nous être acquis ! Apprécier les petites choses simples de la vie, pour moi c'est la clé ! Mais je suis un peu triste quand je vois certains adolescents qui en veulent toujours plus, toujours plus ! Pas évident de trouver le juste milieu de nos jours...
Bon après-midi et encore merci !
C'est toujours un plaisir de vous lire. Vos souvenirs mis sur papier sont le plus beau cadeau que l'on peut faire à ses enfants ! Encore !!!!
merci de nous faire partager vos souvenirs, et pour la jeunesse c'est la mémoire des anciens qui peux leur donnés matiére a reflechir sur la vie qu'ils ont aujourd'hui
C'est toujours un plaisir de lire ces écrits.
Cathyb85
bonjour maman Cath,
j'aime tant vous lire, et j'ai même l'impression de vous entendre.On vit les choses quand vous les racontez, que ce soit dans les moments gais ou plus difficiles l'émotion est très présente
Amicalement
Rachel




























