20 janvier 2008
Les bogolans, vous connaissez ?
Le bogolan est un tissu traditionnel du Mali. Bogolan signifie littéralement "l’empreinte de la terre" en langue Bambara («bogo» = la terre, l’argile, «lan» = résultat).
Des bandes de coton tissées de manière traditionnelle, mesurant entre 10 et 12 cm de large, sont cousues entre elles puis teintées avec des teintures végétales faite à base d’écorces ou de feuilles.
L’écorce donne une teinte rouge et les feuilles une teinte jaune, plus ou moins foncée selon le nombre de bains (en général trois bains avec séchage entre chaque bain). On obtient alors des basilan fini (« basi » = plante médicinale, « lan » = résultat, « fini » = tissu)
Il a été découvert par hasard qu’en mettant de l’argile sur cette teinte, on obtient une couleur noire indélébile ; les oxydes de fer contenus dans l’argile se fixent sur le tissu grâce aux tanins de la teinture végétale.

Argile servant à dessiner les motifs

Les motifs sont d'abord tracés à la craie...

...avant d'être réalisés à l'argile.
Contrairement aux autres couleurs, le blanc n’est pas obtenu de manière naturelle. Il constitue la dernière étape de la réalisation du bogolan, et est obtenu en appliquant un mélange de lessive et d'eau de javel.
La réalisation d’un bogolan prend plusieurs jours.
Les motifs ancestraux sont très variés et ont une signification précise : ce sont des conseils donnés aux générations futures.
Au cours de notre visite, nous avons testé les dessins à l’argile, après avoir nous-mêmes teinté nos petits morceaux de coton. Bon, moi je ne sais vraiment pas dessiner alors je me suis contentée de reproduire des motifs traditionnels… En voici quelques exemples :
- deux traits parallèles : dans la vie, il faut éviter d’emprunter deux chemins et être droit.
- un seul trait : le chemin droit, celui que l’on doit suivre…
- un trait surmonté d’une ligne brisée : la limite à respecter. Entre voisins, il vaut mieux avoir une petite limite que de petites histoires (proverbe bambara)
- une succession de chevrons n’indique pas la proximité d’un concessionnaire Citroën mais représente la colonne vertébrale, le pilier d’une famille (donc le père et la mère)
- une croix : la croisée des chemins
- des triangles ouverts avec un point central : les pas du chameau qui symbolisent le voyage
- une ligne brisée : le chemin tordu, pour quelqu’un qui ne veut pas payer ses dettes.
Petit florilège de jolis bogolans…
Cependant, à l’heure actuelle, les motifs deviennent plus touristiques que traditionnels.






















































