Je ne suis pas la seule à aller chiner.. Ma maman y va aussi parfois et c'est pour elle l'occasion d'évoquer un joli souvenir...

Belle journée pour aller chiner sous un soleil printanier.

Quel bonheur de flâner parmi les stands et de découvrir tout à coup un objet qui réveille mille souvenirs !

Ici, les grands bidons à lait que les paysannes remplissaient matin et soir et que le Père P... récoltait chaque jour sur sa charrette tirée par son bon vieux cheval.
Plus loin, la collection de pots décorés qui trônaient sur l'étagère au-dessus de la cheminée : Café, Thé, Farine, Sel.....
Et encore la haute cafetière bleue qui ne quittait jamais l'arrière du poêle , toujours prête pour le visiteur .

Et parfois, c'est l'objet le plus inattendu qui va raviver des images un peu oubliées... Sur un étal, j'ai vu tout à coup une brique vernie, brune, toute brillante, percée de deux trous... Et j'ai repensé aux soirs d'hiver, dans notre maison froide. La cuisine seule était chauffée par la cuisinière à bois. Au moment d'aller dormir, ma mère retirait du four la brique toute brûlante ; elle l'enveloppait dans un torchon blanc puis elle m'accompagnait à l'étage dans ma chambre glacée. Elle glissait la brique entre les draps de mon lit. Elle la promenait de haut en bas, de droite à gauche pour réchauffer les draps gelés et quand je m'allongeais sous mes couvertures, j'avais l'impression d'être dans un petit nid douillet. Je m'endormais les pieds calés contre la brique chaude qui était comme un petit être vivant, rassurant, amical. Mais le matin, quand je me réveillais, ma brique avait perdu sa magie... elle était redevenue juste ce qu'elle était : une pierre froide !