Aujourd'hui, Monsieur Cath vous propose une balade dans le monde feutré de l'automobile d'exception. II y a quelques mois, il s'est rendu tout spécialement pour vous (enfin presque...) au musée national de l'automobile à Mulhouse. Je lui laisse donc la parole...

Et oui, les veinardes, vous allez visiter de chez vous la célèbre collection Schlumpf, du nom des deux frères qui ont fait fortune dans l'industrie textile et ont collectionné en 40 ans de passion (entre 1937 et 1976) 450 autos fabuleuses dont une centaine de Bugatti, la marque qui a remporté le plus de compétitions automobiles de tous les temps.
En raison de ma préférence marquée pour les autos des années 30 à 50, cette visite n'est pas exhaustive. Pour un panorama plus complet, je vous invite à vous rendre sur place ; ce musée est vraiment un lieu chargé de passion adorablement mise en scène. Parallèlement aux commentaires de cette visite, nous allons expérimenter dans cet article un système de mon invention destiné à faciliter la compréhension de certains jeux de mots pour nos amies les blondes, système appelé l'audio-blonde. C'est tout simple : dès que vous verrez apparaitre dans une phrase des mots signalés par une astérisque, Mesdames les Blondes, vous appellerez à l'aide de votre téléphone portable un membre* de votre famille ou un proche* (un membre n'est pas forcément un homme... un proche non plus d'ailleurs) pour vous faire expliquer la signification du jeu de mots signalé. Aïe, je vois que le système a déjà démarré ! Assurez-vous, Mesdames les Blondes, que votre forfait soit suffisamment crédité pour aller au bout de cet article (forfait illimité ?).

Sur ce, passons aux choses sérieuses... en voiture Simone !

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La collection, tenue secrète jusque là,  a été découverte pendant un conflit qui a suivi des licenciements massifs dans les usines Schlumpf (rien de nouveau sous le soleil...). Le conflit a provoqué la fuite des deux frères en Suisse. Les ouvriers ayant pris possession du bâtiment ont ouvert la collection au public, jusqu'à ce qu'un montage financier entre des investisseurs privés et l'État permette de racheter les 450 autos ainsi que le bâtiment qui les abrite afin de payer les dettes des Schlumpf.  Ce bâtiment est une ancienne filature ; vous remarquerez que les lampadaires qui éclairent la collection sont des copies de ceux du pont Alexandre III de Paris.

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La collection est passée au fil des ans de 450 autos à 550, ce qui tendrait à prouver que l'automobile est une espèce qui se reproduit très bien en captivité... J'ai d'ailleurs un scoop pour vous : j'ai réussi à m'introduire dans la couveuse du musée remplie de bébés autos âgés de quelques semaines qui jouent à tourner manège.

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Tiens une auto à 6 roues ! Mais non, Simone, ce n'est que la roue de secours... Difficile de faire plus accessible, isn't it ?

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Celle-ci a réellement 6 roues... Génial en cas de crevaison : ses roues de secours sont déjà montées. Même pas besoin de se dénuder pour faire stopper un chevalier servant.

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La mascotte de cette Bugatti sert aussi de thermomètre côté pilote. Non, Ginette, il ne peut pas servir pour le petit dernier ; il vaut mieux l'emmener consulter, surtout en ces temps de H1N1...

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Joli papillon, n'est-il pas, que cette Mercedes 300SL ?

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Vous constaterez sur ce tableau de bord l'absence de GPS (Gens Perdus par Satellite), même pas disponible en option à l'époque.

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Vous remarquerez sur cette Bugatti que le levier de vitesses et le frein à mains se trouvent à l'extérieur du véhicule. Difficile d'imaginer ceci à l'heure où les équipements les plus incongrus envahissent nos habitacles : ESP *(Eh Simone tu Patines)*, ABS* (Arrêt Bien Secoué)*, EBD* (Eh, Ben-Hur, Décélère !)*. D'ailleurs, cette dernière expression est tirée du latin "arrête ton char Ben Hur". Pour l'anecdote, au début du siècle, le mot automobile n'ayant pas encore été inventé, c'est le mot char qui était utilisé pour désigner les premiers véhicules à moteur. Ce terme est toujours employé par nos amis québécois.

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Regardez bien sur cette Mercedes, le clignotant en bois qui dépasse de son logement, juste au-dessus de la roue de secours, sur la droite de la photo. Je recommande à celles ou ceux qui ont l'occasion* d'acheter une voiture neuve* de demander cette option rien que pour voir la tête du vendeur (je suis preneur de la photo de la tête du vendeur à ce moment-là...).

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Effet de flou pour donner de la vitesse à une auto confinée dans un musée depuis plus de 70 ans...

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Talbot Lago record

Cette marque prestigieuse française des années 30 a été massacrée par les capitaines de l'industrie automobile dans les années 80 puisqu'il l'ont décliné sous forme de voitures banales de grande diffusion. Son concurrent de l'époque, Bugatti, a su rester une marque prestigieuse qui existe encore de nos jours.

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Si vous êtes prêts à débourser un peu plus d'un million d'euros, vous pouvez donc acquérir actuellement cette Bugatti Veyron (du nom du dernier pilote Bugatti, Pierre Veyron, à avoir remporté les 24 h du Mans en 1939). Vous avez sans doute remarqué l'immatriculation étrange de cette auto ; faisons parler les chiffres : le 16 pour 16 cylindres en W, le 4 pour le nombre de turbo-compresseurs qui suralimentent le moteur, EB pour Ettore Bugatti, le fondateur de la marque et 67 pour le Bas-Rhin où se situe Molsheim, le berceau historique de la marque.
D'autres chiffres, tout aussi impressionnants, n'apparaissent pas sur la plaque minéralogique : la puissance du véhicule, qui est de 1001 chevaux, et la vitesse de pointe, 408 km/h, ce qui en fait la voiture de (petite) série la plus rapide au monde.

A suivre...