Si vous êtes de la même génération que moi, il y a de grandes chances pour que vous ayez été vous aussi des lecteurs (plus ou moins) assidus de Pif Gadget.... Ah, que de souvenirs !
Peut-être avez-vous eu entre les mains un magazine de 1975, avec pour "gadget" une pousse d'épicéa (sacré "gadget" quand on sait qu'un épicéa adulte peut atteindre 20 mètres de haut !!!)... Et, qui sait, peut-être l'avez-vous plantée, cette jeune pousse ?
Depuis quelques mois, un toulousain essaie de recenser sinon l'intégralité du moins une partie des quelques 360 000 exemplaires qui avaient été diffusés à l'époque. Lorsqu'elle a appris cela, ma Maman et sa jolie plume se sont empressées de participer à ce recensement car pour nous cet épicéa a pris une grande valeur sentimentale. Lisez son texte et vous comprendrez pourquoi...

En 1975 mes enfants avaient 10 et 12 ans. Il n’y avait pas de Wii, de PSP, de Nintendo ni même de Game Boy. Nous n’avions pas encore la télévision à la maison ! L’arrivée hebdomadaire de Pif et la découverte du gadget qui l’accompagnait étaient toujours une joie et la promesse de bons moments de rire en famille.
Lorsque nous avons trouvé ce minuscule rameau d’épicéa nous avons pensé que son sort serait tristement réglé en quelques semaines. Nous venions de terminer depuis peu la construction d’une maison de vacances en montagne à 1000 mètres d’altitude, au Fréney d’Oisans en Isère. Pour faire plaisir aux enfants nous avons planté le petit rameau dans un coin du terrain qui entoure la maison, sans conviction aucune. A ma grande honte, je dois avouer que nous ne l’avons pas bichonné ! Livré à lui-même, dans un coin peu ensoleillé, entouré de nombreux ennemis étouffants, notamment une horde de frênes (qui donnent son nom à notre village), il a pourtant lutté vaillamment pour sa survie et dès l’année suivante nous avons dû nous rendre à l’évidence : il aime la vie ! Il faut dire qu’il jouit d’un environnement remarquable et nous sommes nombreux à l’envier, lui qui voit chaque jour de somptueux couchers de soleil sur les montagnes de l’Oisans et leur reine, la Meije !
En 1977, Till, le chien boxer de la famille est mort. Les enfants ont demandé à ce qu’il soit enterré au pied du sapin afin que l’arbre le protège et que nous sachions toujours où notre chien repose. Et voilà que notre sapin–Pif a trouvé sa place dans nos cœurs.
Regardez sur la photo comme il se dresse, vert sombre, sur fond de couleurs d’automne… Dans peu de temps il aura rattrapé les peupliers (déplumés, eux !) qui l’encadrent, ses aînés de quelques années.

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Si vous aussi vous avez planté une de ces jeunes pousses, allez vite partager votre témoignage sur le blog de Joël Fauré...

"Les souvenirs d'un homme constituent sa propre bibliothèque."
Aldous Huxley