"Vous savez que vous avez lu un bon livre lorsque quand vous tournez la dernière page vous avez la sensation que vous venez de perdre un ami."
Paul Sweeney

Me voici (déjà !) de retour dans le coin lecture de ce blog. Ce ne sont pas les ouvrages à vous faire partager qui me manquent (un orteil cassé et un ménisque endommagé me contraignant à du repos forcé !) mais le courage de rédiger quelques lignes à leur sujet (parce que mine de rien, ce n'est pas si simple !).
Comme toujours, vos commentaires, avis et suggestions sont les bienvenus.

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Ma-grand-mere

Ma grand-mère vous passe le bonjour (Frederik Backman) ♥♥♥♥
Présentation de l'éditeur : Elsa est une enfant solitaire. Sa seule amie est sa grand-mère, une femme fantasque, prête à tout pour faire rire sa petite-fille, même aux pires bêtises (entrer dans un zoo par effraction ; dire des insanités ; flirter avec des policiers) ! Moquée et persécutée à l'école, Elsa sait qu'elle trouvera toujours du réconfort auprès de Mamie, qui lui change les idées en lui racontant aussi de merveilleuses histoires. Puis, un jour, les contes s'arrêtent brutalement lorsque la vieille dame meurt. Elsa va alors faire son deuil en allant transmettre des lettres que sa grand-mère avait écrites pour de nombreux destinataires : lettres d'excuse, de regret et d'amour. Petit à petit, elle comprend que les contes de son aïeule s'inspiraient de personnages bien réels...

J'avais adoré "Vieux, râleur et suicidaire", dont je vous avais parlé ici. J'ai donc évidemment au très envie de découvrir ce nouveau livre de Frédérik Backman. Malheureusement, j'ai beaucoup moins accroché à ce nouvel ouvrage et les 430 pages m'ont semblé bien (trop !) longues....
Le livre est très bien écrit (et traduit) mais l'histoire est vraiment trop longue à démarrer et même si la seconde partie est plus "enlevée", je me suis bien souvent ennuyée (et j'avoue avoir lu certains passages en diagonale !).
Je suis restée totalement hermétique à l'analogie entre  le monde imaginaire créé par la grand-mère d'Elsa et la vie réelle. J'ai failli abandonner ma lecture plusieurs fois mais je suis tout de même allée au bout de l'ouvrage, dont j'ai tourné la dernière page sans regret !
Dommage car, tout comme dans "Vieux, râleur et suicidaire", les personnages sont très attachants et on ressent une grande humanité et beaucoup de tendresse dans l'écriture de Frederik Backman, qui fait passer à travers cet ouvrage un jolie leçon de vie et de tolérance.

Le plus grand pouvoir de la mort n’est pas d’emporter des gens, mais de faire souhaiter à ceux qui restent de ne plus vivre.

 

 

Venise

Venise n'est pas en Italie (Ivan Calbérac) ♥♥♥♥♥
Présentation de l'éditeur : Emile a quinze ans. Il vit à Montargis, entre un père doux-dingue et une mère qui lui teint les cheveux en blond depuis toujours, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça. Quand la fille qui lui plaît plus que tout l’invite à Venise pour les vacances, il est fou de joie. Seul problème, ses parents décident de l’accompagner… C’est l’histoire d’un adolescent né dans une famille inclassable, l’histoire d’un premier amour, miraculeux et fragile. C’est l’histoire d’un voyage initiatique et rocambolesque où la vie prend souvent au dépourvu, mais où Venise, elle, sera au rendez-vous. Un roman où l’humour se mêle à l’émotion, dans la lignée de "La vie devant soi" de Romain Gary, de "L’attrape-coeurs" de J. D. Salinger, ou du film "Little Miss Sunshine".

J'ai eu un véritable coup de cœur pour ce premier roman d'Ivan Calberac.
Entre le journal intime et le carnet de voyage, ce récit initiatique très rythmé est écrit avec beaucoup de poésie, de tendresse et d'amour de son prochain.
On s'identifie facilement à Émile et on ne peut que tomber sous le charme des personnages qui l'entourent. Sa famille, c'est un peu la nôtre et ses préoccupations étaient aussi les nôtres au même âge.  Pour ces raisons, j'ai trouvé à ce court roman un doux parfum de madeleine de Proust, qui m'a permis de revivre quelques bribes de mon adolescence avec un brin de nostalgie
Un petit livre touchant, à savourer comme une douceur.

"Mais ma mère c'est un peu comme les divisions qu'on fait à l'école primaire, il manque souvent la retenue. Paraît que c'est un problème mondial, le manque de retenue et de poésie aussi."

"Bien qu'elle fût devant moi, à un mètre de distance, j'ai eu envie de lui écrire une lettre d'amour, parce que j'adore écrire, j'exprime souvent mieux les choses en les taisant. Les mots sur le papier, c'est du silence qui parle, c'est le début de la poésie."

"Ce doit être comme le vin, l'amour entre deux êtres, ça évolue avec le temps, il y en a qui tournent au vinaigre, d'autres qui se bonifient."

 

 

Busquets

Ça aussi ça passera (Milena Busquets) ♥♥♥♥

Présentation de l'éditeur : C'est l'été, la saison préférée de Blanca. Après le décès de sa mère, elle quitte Barcelone pour s'installer dans la maison de vacances familiale de Cadaqués. Sur cette terre riche des souvenirs de son enfance, sous le soleil de la Méditerranée, elle cherche l'apaisement. Mais elle ne part pas seule, une troupe disparate et invraisemblable l'accompagne : ses deux ex-maris, les fils qu'elle a eus d'eux, ses amies Sofía et Elisa, son amant Santi et, bien entendu, sa mère défunte, à qui elle ne cesse de parler par-delà la mort, tant cette disparition lui semble difficile et inacceptable. Les baignades, les promenades en bateau et les siestes dans le hamac vont se succéder, tout comme ces longs dîners estivaux au cours desquels les paroles s'échangent aussi facilement que les joints ou les amours. Les souvenirs affleurent alors, faisant s'entrelacer passé et présent. Blanca repense à cette mère fantasque, intellectuelle libre et exigeante, qu'elle a tant aimée et tant détestée. Elle lui écrit mentalement une lettre silencieuse et intense dans laquelle elle essaie de faire le bilan le plus honnête de leur relation douloureusement complexe. Elle lui dit avec ses mots tendres, drôles et poignants que face à la mort elle choisit l'élégance, la légèreté, la vie. Elle lui dit qu'elle choisit l'été et Cadaqués car elle sait que ça aussi, ça passera. Livre événement de la Foire de Francfort 2014, traduit et publié dans une trentaine de pays, ce deuxième roman de Milena Busquets est un petit prodige d'équilibre et d'intelligence.

Encore un livre encensé par la critique et auquel je n'ai pas du tout accroché ! Ce monologue où le personnage principal, Blanca (que j'ai trouvée très superficielle et nombriliste), s'adresse à sa mère, après le décès de celle-ci, m'a paru ennuyeux et sans aucun intérêt. Quand je lis dans la présentation de l'éditeur que ce roman est " un petit prodige d'équilibre et d'intelligence", je me demande si j'ai bien lu le même livre ! Moi je l'ai plutôt trouvé confus et j'étais contente de tourner la dernière page.  

  

 

Zelda-Zonk

 La drôle de vie de Zelda Zonk (Laurence Peyrin) ♥♥♥♥

Présentation de l'éditeur : Prix Maison de la Presse 2015 Et si tout le monde pouvait changer de vie ? Foutu mardi, foutue pluie... Sur cette route d'Irlande qu'Hanna a prise tant de fois pour aller à son atelier, c'est l'accident. À l'hôpital, la jeune femme se lie avec Zelda, sa voisine de chambre de 85 ans, positive et joyeuse, experte en broderie. Mais Hanna sent un mystère chez la vieille dame, qui esquive toute question précise sur son passé. Que peut-elle avoir à cacher, à son âge ? Bientôt, Hanna découvre que Zelda Zonk était le nom d'emprunt de Marilyn Monroe quand elle voulait passer inaperçue. Hanna sait bien que c'est absurde, Marilyn est morte il y a presque cinquante ans, et pourtant... Tout en menant l'enquête, Hanna commence à réfléchir au sens de sa propre vie. Est-elle vraiment épanouie dans ce hameau perdu, dans ce mariage routinier ? Si vraiment Zelda est Marylin, si elle a réussi à passer de la lumière à l'anonymat, pourquoi elle-même ne pourrait-elle pas changer de vie ?

 

J'avais lu plusieurs critiques  élogieuses au sujet de ce livre (ce qui m'a incitée à le lire) mais mon avis est beaucoup plus mitigé. J'ai passé un moment agréable à sa lecture mais il ne me laissera pas un souvenir impérissable 
Le titre du roman et la présentation de l'éditeur sont trompeurs car il est essentiellement question de la vie d'Hannah, de sa remise en question suite à un grave accident, que de la vie de Zelda Zonk (et c'est pourtant cette vieille dame pleine de sagesse et de mystère que j'ai trouvé la plus attachante). L'histoire se laisse lire avec plaisir, le livre étant bien écrit. Malheureusement, elle tourne vite au roman d'amour  et perd alors de son intérêt, avec un peu trop de clichés et de guimauve à mon goût. C'est une jolie histoire d'amour mais ce n'est pas ce que je m'attendais à lire, d'où ma déception

"J'ai moi-même commencé à vivre pleinement quand j'ai décidé d'arrêter de vivre dans le regard des autres."

 

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Dans mon prochain article lecture, je vous parlerai de ces ouvrages 

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Ma lecture en cours

Miss-Alabama