Passage dans le coin lecture de ce blog aujourd'hui ! Comme toujours, cette rubrique est aussi la vôtre ; n'hésitez donc pas à vous exprimer ! Et même si il ne s'agit pas de la rubrique qui remporte le plus de "suffrages" (ou du moins de commentaires !), je sais que certaines d'entre vous l'apprécient et par conséquent, je la continue avec plaisir, malgré le temps qu'elle me demande

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Miss Alabama et ses petits secrets (Fannie Flagg) ♥♥♥♥♥
Présentation de l'éditeur : Il est loin le temps où Maggie représentait fièrement l'Alabama, au concours de Miss America. À 60 ans, fatiguée, elle pense avoir connu le meilleur de la vie et s'apprête à mettre fin à ses jours, sur la pointe des pieds, sans gêner personne. Seulement il fallait que Brenda téléphone à ce moment-là. Deux places pour un spectacle de derviches tourneurs, dans huit jours, ça ne se refuse pas... Pour faire plaisir à son amie, Maggie accepte de retarder l'échéance d'une semaine. Et ces quelques jours vont lui montrer que l'existence a encore beaucoup plus à lui offrir qu'elle ne le croyait... " La romancière retrouve la plume, son optimisme à toute épreuve, et cisèle des héroïnes au caractère bien trempé. D'un pitch pseudo-triste, Fannie Flagg tire un roman envoûtant, à l'enthousiasme généreux.

 Mon ressenti suite à la lecture de ce livre est très mitigé (je serais d'ailleurs curieuse d'avoir votre avis si vous l'avez lu). Le rythme est lent et décousu (la première partie du roman m'a particulièrement semblé longue et parfois même ennuyeuse). Les raisons pour lesquelles l'héroïne principale souhaite en finir avec la vie m'ont paru  bien futiles et je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages que j'ai trouvés trop caricaturaux.
Malgré ces défauts et une overdose de bons sentiments et de clichés, j'ai aussi trouvé de l'humour dans cet ouvrage et j'ai aimé le regard que l'auteure jette sur le temps qui passe, les occasions manquées, la lassitude que peut engendrer le quotidien. Au final, c'est une jolie leçon de vie et malgré le thème abordé (celui du suicide), ce roman peut se classer dans la catégorie des livres "qui font du bien".

  

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La maladroite (Alexandre Seurat) ♥♥♥♥♥
Présentation de l'éditeur : Tout commence par un avis de recherche, diffusé à la suite de la disparition d'une enfant de 8 ans. La photo est un choc pour une institutrice qui a bien connu cette gamine. Pour elle, pas de doute : cette Diana n'a pas été enlevée, elle est déjà morte, et ses parents sont coupables. Remontant le temps, le roman égrène les témoignages de ceux l'ayant côtoyée, enseignants, grand-mère et tante, médecins, assistants sociaux, gendarmes... Témoins impuissants de la descente aux enfers d'une enfant martyrisée par ses parents qui, malgré les incitations à parler de plusieurs adultes, refusera de les dénoncer. Ce roman est inspiré par un fait divers récent largement médiatisé car, en dépit de plusieurs signalements, l'enfant n'avait jamais bénéficié de protection. Loin de tout sensationnalisme, l'auteur rend sa dimension tragique à ce drame de la maltraitance. Ce choeur de voix, écrit dans une langue pure, sans pathos ni commentaires, tient le lecteur entre ses tenailles. Rares sont les romans ayant cette nécessité. Alexandre Seurat s'impose par la justesse de son écriture et de son regard. Un premier roman décisif.

Aborder la maltraitance des enfant n'est pas un sujet facile. Ce court roman (120 pages seulement, mais quel coup de poing au ventre !) est un livre choc. On ne ressort pas indemne de sa lecture et on le referme un peu sonné, la gorge nouée, avec un sentiment de malaise. La narration laconique des différents personnages et l'écriture sobre ajoutent encore à l'horreur de l'histoire racontée.
A lire absolument (si vous vous en sentez la force)

 

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Les eaux troubles du mojito et autres belles raisons d'habiter sur terre (Philippe Delerm) ♥♥
Présentation de l'éditeur : Sans doute, ce nouveau recueil est-il particulièrement "solaire", invités que nous sommes à goûter au plaisir transgressif du mojito, à se faire surprendre par une averse, à tremper nos lèvres dans la perfection transparente de la pastèque... Mais chez Philippe Delerm, le soleil ne va jamais sans pluie, et le bonheur sans mélancolie. Grand lecteur de Jules Renard, l'auteur le cite en exergue : "Le vrai bonheur serait de se souvenir du présent". Ce présent qui ne cesse de s'échapper, bien sûr, et dont nous avons déjà la nostalgie alors même que nous le vivons. Voici quelques exemples de ces textes. "Tendre est la vie cruelle" : sur l'amour fragile de deux personnes qui, à près de 60 ans, ont plus de passé que d'avenir à vivre ensemble, mais qu'un baiser volé va rappeler à leur adolescence. "On ne peut pas être plus près, plus chauds, plus confondus. Et pourtant c'est le fragile qu'on sent." Le bonheur de "Danser sans savoir danser" : on n'a jamais été de ceux qui fréquentent les boîtes de nuit. On admirait ceux qui, sur les pistes de danse, évoluaient si facilement. Mais un jour, à un mariage, "on choisit de danser. Danser, c'est un grand mot. On bouge comme un ours. Mais ce n'est pas grave. On a passé l'âge des susceptibilités. Chance, ça commence par un twist. On peut jouer son insuffisance au deuxième degré, en pliant les genoux, avec un mouvement de bras qui ne donne pas le change, mais semble se moquer de toute une époque - la nôtre." "Le mensonge de la pastèque" : "Elle est trop belle. Etrange. Est-ce qu'on la boit, est-ce qu'on la mange ? Elle est comme une fausse piste du désir. (...) La mangue et la goyave ont goût de mangue et de goyave. La pastèque n'a goût de rien et c'est donc elle qu'on désire en vain. Elle est la perfection de son mensonge (...) Elle n'est qu'un mirage de la chaleur et de l'été."

J'avais beaucoup aimé "la première gorgée de bière" et je me réjouissais donc de lire ce nouveau recueil de petits bonheurs. Le charme n'a malheureusement pas opéré cette fois. Quelques rares textes m'ont touchée mais la plupart m'ont laissée sur ma faim ou m'ont carrément semblé sans intérêt !
Bref, c'est une déception pour moi. Aussitôt lu, aussitôt oublié !

 

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Le vieux qui déjeunait seul (Léa Wiazemsky) ♥♥♥♥♥
Présentation de l'éditeur : Clara, une jeune serveuse de 27 ans, se prend d'affection pour un vieux monsieur qui l'intrigue mais dont elle ne sait rien sinon que, chaque lundi, il déjeune invariablement à la même table et commande invariablement les mêmes plats, des poireaux vinaigrette et un bœuf carotte. Elle est loin de se douter qu'elle-même a piqué la curiosité de ce vieil homme éprouvé, dans son cœur et dans sa chair, par la vie. Derrière la gentillesse et l'éternelle bonne humeur de la jeune femme, il a décelé une faille, une blessure secrète. Et pour cause. Rongée par le poids de la culpabilité d'actes dont elle n'est pourtant pas responsable, Clara s'interdit d'être heureuse. Tout pourrait changer au contact de Clément, ce grand-père qu'elle se choisit. Avec Clara, il va retrouver la joie de vivre et l'allégresse de ses 20 ans. Avec Clément, elle va apprendre à (se) pardonner et à aimer.

Cette jolie histoire pleine de tendresse a été un coup de cœur pour moi. Les deux personnages en mal d'affection sont très touchants et on ne peut rester insensible à la belle relation qui naît entre ce vieil homme et cette jeune fille, tous les deux écorchés par la vie. L'écriture est très belle, le roman émouvant et le seul reproche que je pourrais lui faire est d'être un peu trop court ! J'aurais bien passé encore quelques heures en compagnie de Clément et Clara

 

 

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 Mes lectures finies, dont je vous parlerai dans le prochain article.

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Ma lecture en cours

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