Cela fait plusieurs mois que nous n'avons pas retrouvé la jolie plume de ma douce Maman. Vous êtes nombreuses à me demander de ses nouvelles et à espérer la retrouver sur mon blog. C'est chose faite aujourd'hui avec un texte rédigé il y a déjà quelques temps dans le cadre de son atelier d'écriture.
La consigne était d'écrire deux lettres : une lettre après la première rencontre et la lettre de rupture.
N'hésitez pas à laisser un petit message à ma maman si son texte vous plaît !

 

12 avril 2012

Serge mon amour,

Depuis que tu es reparti j’ai le cœur brisé. Les yeux fermés je revis notre week-end et je ne vois que toi, mon héros, mon soleil. Ton souvenir m’obsède ; j’erre comme un cœur en peine. Tes mots d’amour résonnent en moi et je voudrais toujours les entendre. Comment vais-je pouvoir attendre jusqu’au week-end prochain pour retrouver ta chaude présence, tes gestes tendres ? Je ne vis que par toi. Tu es l’étoile qui brille dans mon univers gris. Tu m’as conquise, tu m’as vaincue.

Ta Joséphine pour toujours

 

15 mai 2013

Serge,

Quand je t’ai rencontré j’ai cru avoir trouvé l’homme de ma vie. Je marchais sur les nuages…Puis au fil du temps le soleil s’est voilé, l’étoile s’est ternie. Les longues conversations téléphoniques qui me berçaient de tendresse et de projets se sont transformées en appels utilitaires. « Dis, tu as pensé à prendre rendez-vous au garage pour samedi ? ». Les week-ends que j’attendais avec impatience sont devenus des puits d’ennui. Lorsque tu arrives le vendredi soir, tu penses plus à te mettre à table qu’à me prendre dans tes bras. Nos sorties en amoureux du samedi ont laissé place aux retransmissions télévisées des matchs de football et tu traînes le dimanche entier en savates, pas rasé, dans ton vieux survêtement déformé, les écouteurs de ton Ipod sur les oreilles. Les rares fois où nous voyons des amis, tu es toujours aussi séduisant et charmeur…mais moi, à tes côtés, au mieux je suis une ombre transparente, au pire je suis une potiche encombrante.

Serge, je n’en peux plus de cette vie sans relief et sans plaisir avec le sentiment de n’être pour toi qu’une assurance-bien-être. Ma décision est prise : je reprends mon indépendance. Je ne doute pas que tu sauras rebondir et user de ton pouvoir de séduction pour retrouver confort et sécurité matérielle auprès d’une autre aussi facilement éblouie et naïve que moi.

J’ai  rassemblé dans un sac tes quelques affaires personnelles. Le sac est dans le garage où tu pourras le récupérer au plus vite. En même temps, tu glisseras dans ma boîte aux lettres les clés que je t’avais confiées.

Avec tristesse mais sans regrets,

Joséphine

PS : Tu ne te souviens certainement pas de Paul, mon nouveau voisin. Tu le trouvais si insignifiant ! Il m’est d’un grand soutien dans cette période difficile.