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On la trouvait plutôt jolie (Michel Bussi) ♥♥♥♥
Présentation de l'éditeur : Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits...
Un suspense renversant et bouleversant.
" – Qu'est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie. 
Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie. 
– Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l'essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l'un d'eux, l'un d'eux peut-être, échappe au sortilège. 
Elle ferma les yeux. Il demanda encore : 
– Qui l'a lancé, ce sortilège ? 
– Vous. Moi. La terre entière. Personne n'est innocent dans cette affaire. "
 

J'ai découvert Bussi (comme beaucoup de personnes !) avec "Un avion sans elle", que j'avais adoré. J'ai ensuite été bluffée par sa maîtrise de l'intrigue dans Les nymphéas noirs. Par contre, j'ai été beaucoup moins emballée par son avant-dernier roman, "Maman a tort" et carrément déçue par le dernier, "Le temps est assassin". 
Je ne me suis donc pas précipitée sur "On la trouvait plutôt jolie", qui attendait sur ma liseuse depuis sa sortie. Mais finalement, ce fut plutôt une bonne surprise pour moi !
Malgré certains côtés parfois confus, j'ai retrouvé dans ce roman  la "patte" de Bussi,  dans cette façon qu'il a de balader son lecteur sur de fausses pistes pour finalement arriver à un dénouement inattendu (le "secret" de Leyli n'est pas celui auquel on pense tout au long du livre). Même si on connaît la meurtrière dès le début, j'ai tout de même trouvé qu'il savait nous captiver par sa façon de mener l'intrigue. Il manipule le lecteur avec finesse, le promène entre passé et présent dans un jeu de piste riche en retournements de situation. Les choses sont plus complexes qu'il n'y parait au premier abord et les personnages ne sont souvent pas ceux que l'on croit. Le récit de Leyli, que l'on découvre par petits morceaux au milieu des chapitres, nous fait voyager et apporte des bribes de réponses au fil des pages mais surtout titille la curiosité du lecteur.
J'ai aussi aimé la toile de fond sur un sujet d'actualité brûlant, que Bussi a su traiter de manière engagée mais sans prosélytisme outrancier. Il pointe du doigt les dérives de la crise des migrants, où l'être humain n'est plus qu'une marchandise permettant à une poignée de gens sans scrupules de s'enrichir de manière honteuse, l'indifférence de beaucoup et  l'inhospitalité de ces terres dites "d'accueil".
Pour résumer, ce n'est pas le meilleur roman de Bussi mais c'est tout de même un bon cru, qui permet de passer un agréable moment de lecture.

 

Couleurs-espoir

Les couleurs de l'espoir (Julie Kibler) ♥♥♥♥♥
Présentation de l'éditeur : Voilà dix ans que Dorrie Curtis coiffe Isabelle McAllister. Si cette jeune mère célibataire s'est indéniablement rapprochée de sa vieille cliente, la proposition que lui fait cette dernière ne l'en étonne pas moins. Traverser tout le Sud des États-Unis en voiture, du Texas à Cincinnati, pour un mystérieux enterrement... À mesure que défilent les kilomètres, les confidences de Mlle McAllister réveilleront un passé enfoui – celui d'une jeune fille libre et amoureuse, du temps où les différences de couleur et les carcans de la société contrariaient les passions les plus pures... 

J'ai beaucoup aimé ce premier roman, inspiré de la vie de la grand-mère de l'auteure.
La lecture est rythmée par une alternance entre le passé et le présent, entre l'histoire de deux femmes que tout semble opposer (l'âge, le milieu social, la couleur de peau)  et qui ont finalement de nombreux points communs . L'auteure nous offre donc deux histoires en une : une histoire d'amour interdit entre une blanche et un noir, dans les années 40, en pleine période de la ségrégation aux États-Unis, et l'histoire de Dorrie, de nos jours, qui s'interroge sur sa propre vie et les choix qu'elle fait. Ces deux femmes sont aussi attachantes l'une que l'autre et j'ai trouvé ce roman captivant. L'auteure sait ménager le suspens en laissant toujours le lecteur en plan à un moment crucial de l'histoire, pour changer d'époque ou de personnage. On a très envie de connaître la suite et on tourne les pages avec fébrilité !
L'écriture est très agréable et subtile, l'histoire belle et touchante. C'est une belle leçon de vie et je ne peux que vous encourager à découvrir ce roman !

 

Les secrets

Les secrets (Amélie Antoine) ♥♥♥♥

Présentation de l'éditeur : Vous l’aimez plus que tout au monde.
Vous lui faites aveuglément confiance.
Vous ne rêvez que d’une chose : fonder une famille ensemble.
Mais rien ne se passe comme prévu.

Jusqu’où iriez-vous pour éviter de tout perdre ?

J'ai découvert Amélie Antoine avec "Fidèle au poste", qui avait rencontré un vif succès sur le net et que j'avais beaucoup aimé. J'ai ensuite été bouleversée à la lecture de "Combien de temps". Enfin, j'ai lu "Quand on n'a que l'humour", dont j'avais beaucoup aimé la subtilité.
Quand l'auteure m'a proposée de découvrir en avant-première son tout dernier roman, qui sort aujourd'hui, c'est donc sans aucune hésitation et avec grand plaisir que j'ai accepté !
J'ai retrouvé la plume incisive et efficace qui m'avait tant plu dans ses précédents romans. Amélie Antoine sait toujours trouver les mots justes, ceux qui touchent le lecteur. Comme dans ses précédents romans, j'ai retrouvé son côté "manipulateur" lorsqu'elle balade son lecteur sur de fausses pistes, menant son intrigue avec beaucoup de subtilité. 
Même si cela m'a un peu déstabilisée au départ, j'ai beaucoup aimé cette façon de raconter une histoire à rebours, en dénouant peu à peu les fils du passé.
Enfin, j'ai aimé le  parallèle qui est fait entre deux des personnages principaux :  la première en désir d'enfant, le second père malgré lui.
Les hommes sont d'ailleurs malmenés dans ce roman : entre celui qui est père sans qu'on lui en ait laissé le choix, celui (le même d'ailleurs !) qui est "utilisé" comme simple géniteur, sans que l'on ne tienne compte des sentiments qu'il éprouve, celui qui est trompé au nom d'un "idéal" (l'idéal d'une famille que le personnage principal ne peut PAS concevoir sans enfants), les personnages masculins principaux sont manipulés, trahis, blessés.... mais au final pas dupes.
Et  le lecteur (ou plutôt la lectrice !) ne peut que s'interroger sur les choix que l'on fait sans tenir compte des conséquences que cela pourra avoir sur les autres, sur ces trahisons que l'on commet en se donnant bonne conscience, en se disant que c'est pour continuer à avancer, pour sauver un couple, une vie de famille, un idéal... C'est d'ailleurs ce que j'aime par-dessus tout dans les romans d'Amélie Antoine que j'ai lus...  cette efficacité à décrire la psychologie (souvent tourmentée !) de ses personnages et cette façon qu'elle a de nous pousser à nous interroger.
Personnellement, même plusieurs jours après avoir terminé ce roman, je n'arrive pas à savoir si j'admire ou condamne le comportement de cette femme prête à tout pour assouvir son désir d'enfant. Qu'aurais-je fait à sa place ?? Aurais-je été prête à toutes les trahisons pour assouvir cet impérieux besoin ? Je crois bien que je n'aurai jamais la réponse à cette question...  

 

Avec elle (Solène Bakowski) - Sans elle (Amélie Antoine) 

Avec-sans-elle

Présentations de l'éditeur : 

Avec elle :  Il était une fois une famille heureuse et unie.
Des jumelles de six ans qui se ressemblaient comme deux gouttes d'eau.
Des enfants fusionnelles qui grandissaient ensemble et s’adoraient.
Avant de se jalouser et s’empoisonner.
Il était une fois deux fillettes inséparables.
Pour le meilleur, ou pour le pire ?
Il était une fois une histoire qui n’a rien d’un conte de fées.

Sans elle: Il était une fois une famille heureuse et unie.
Des jumelles de six ans qui se ressemblaient comme deux gouttes d'eau.
Des enfants fusionnelles qui grandissaient ensemble et s’adoraient.
Jusqu’à un soir de feu d’artifice où l’une d’elles se volatilise brutalement.
Il était une fois deux fillettes inséparables.
Jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une.
Il était une fois une histoire qui n’a rien d’un conte de fées.
 

Avec elle, de Solène BAKOWSKI et Sans elle, d'Amélie ANTOINE sont  deux romans distincts mais faisant partie d'un  projet commun. Un projet qui a titillé ma curiosité de lectrice et que j'avais très envie de découvrir. Les personnages sont les mêmes, les romans débutent de la même manière mais un évènement va survenir et le scénario est ensuite totalement différent. Dans "Avec elle",  un simple lacet défait va bouleverser la vie d'une famille. Les jumelles grandiront ensemble mais vivront une relation faite d'amour et de haine, qui va détruire leur vie. Dans "Sans elle", une des jumelles disparaît et sa sœur doit apprendre à vivre seule. Avec une même situation de départ mais un déroulement de l'intrigue totalement différent, les deux auteures abordent des thèmes identiques : l'amour, la mort, la séparation, la jalousie. Qui ne s'est jamais posé la question de savoir ce qu'aurait pu être sa vie si tel ou tel évènement s'était déroulé d'une autre manière ?
Ces deux romans peuvent évidemment se lire de manière indépendante mais je trouve que ce serait vraiment dommage. J'ai commencé par "Avec elle", qui m'a permis de découvrir Solène Bakowski. J'ai d'ailleurs trouvé beaucoup de similitudes entre son style d'écriture et celui d'Amélie Antoine. Le lecteur est prévenu : l'histoire n'a rien d'un conte de fées ! Et en effet...... Même si les jumelles grandissent ensemble, l'histoire est loin d'être rose ! On sent venir la tragédie au fil des pages et la relation devenue toxique de ces jumelles procure un sentiment de malaise qui grandit petit à petit. On assiste à l'éclatement d'une famille  et rien ne nous est épargné : mensonges, jalousie, tromperies, trahisons, alcoolisme. L'ambiance est pesante... très pesante !
J'ai trouvé quelques longueurs à ce roman (quelques fautes d'orthographe aussi !) et la fin m'a vraiment semblée tirée par les cheveux.      
J'ai choisi d'enchainer avec la version d'Amélie Antoine, afin que le souvenir de "Avec elle" ne soit pas effacé. C'est évidemment en lisant cette seconde version que j'ai compris tout l'intérêt de l'exercice de double écriture. On retrouve les mêmes personnages, qui  n'ont pas forcément  le même rôle dans les deux versions. L'intrigue est différente puisque cette fois une des jumelles disparaît et on suit l'évolution de sa sœur, avec des questionnements qui font écho à la version où elle grandit aux côtés de sa sœur. Dans les deux romans, la psychologie des personnages est très fouillée et les interrogations très intéressantes.
Je ne regrette pas d'avoir lu ces deux livres à la suite mais il faut savoir que ce sont deux romans très  noirs et j'avais finalement hâte de sortir de cette ambiance pesante...
Ne serait-ce que pour le défi commun qu'ils représentent (défi relevé avec brio), je vous conseille cette double lecture (en sachant que c'est sombre... très sombre !).

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