Suite à plusieurs commentaires publiés sur les articles concernant nos randonnées (notamment venant de personnes ayant envie de venir découvrir notre belle région), M. Cath a voulu apporter quelques précisions au sujet de cette activité et de la façon dont nous l’abordons. Je lui laisse donc la parole aujourd’hui !

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L’objectif de nos randos est de nous balader tranquillement pour admirer de jolis panoramas et, si possible, observer la faune et la flore de nos montagnes, en conservant toujours une marge au niveau capacité physique.
Pour atteindre cet objectif, il est bien entendu qu’il ne faut pas décider le matin au réveil de partir les mains dans les poches pour une destination rêvée dans la nuit. J’ai noté sur un commentaire "vous avez de la chance avec le temps". Non, ce n’est pas de la chance… toutes nos randos sont programmées en fonction de la météo. La météo idéale est évidemment un grand ciel bleu du matin au soir, mais en montagne malheureusement cette météo est très rare (sur les 16 randos au compteur de 2019, seulement 3 ont été faite dans ces conditions !!!). Souvent, lorsque le beau temps est annoncé, le ciel reste dégagé jusqu’à midi, puis les petits cumulus bloqués sur les sommets enflent jusqu’à couvrir très rapidement le ciel dans l’après-midi. C’est pour cela qu’il est souhaitable de partir assez tôt le matin pour profiter du soleil et de la vue avant l’arrivée des nuages. Et surtout cela permet d’éviter les développements orageux qui apparaissent en fin d’après-midi. Une randonnée démarrée tranquillement peut assez rapidement se transformer en galère, la pluie faisant partie des nombreux facteurs déclenchant la galère.

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Pour rester en toute sécurité lors de ces balades, il faut être correctement équipé : chaussures (de préférence montantes pour protéger les chevilles) avec de bonnes semelles à crampons, vêtements amples, protection contre le soleil, sac à dos confortable. Une paire de bâtons permet de franchir les passages un peu difficiles sans risques et surtout soulage les genoux dans les descentes.
Le sac à dos doit toujours contenir un vêtement imperméable, une polaire et éventuellement un pantalon si on part en short (les sommets sont souvent très ventés), de l’eau en quantité suffisante (il n’est pas toujours possible de trouver de l’eau en montagne), de quoi manger et notamment de la nourriture énergétique pour prévenir les coups de barre. Une trousse de premiers secours contenant des pansements (éviter de partir avec des chaussures neuves !), une pommade contre les piqures d’insectes et autres désagréments (hématomes etc..), un désinfectant, un aspivenin, la liste n’est pas exhaustive…   

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Il est impératif pour nous de partir au moins à deux personnes, afin qu’en cas de problème quelqu’un puisse avertir les secours (le téléphone ne passe pas partout en montagne).

La réussite d’une randonnée dépend de l’adéquation entre la difficulté du parcours et ses possibilités physiques.
Pour connaitre ses capacités, il faut commencer doucement en augmentant la difficulté par palier jusqu’à détecter sa limite. Pour évaluer la difficulté, il existe des « topos » de randonnées soit sur des guides papiers, soit sur internet.

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Les randonnées sont généralement classées en 4 niveaux différents : facile, moyen, difficile, très difficile.
Chaque niveau regroupe des parcours avec des dénivelés cumulés proches (le dénivelé cumulé étant la somme de toutes les parties montantes de la randonnée).

Une 2ème caractéristique très importante entre dans la difficulté d’une randonnée : la distance à parcourir (en kilomètres). En effet, vos mollets vont vous rappeler à l’ordre au bout d’un certain kilométrage, même sur le plat !!! Malheureusement, cette distance n’est pas toujours indiquée…

Le temps nécessaire pour une rando est également une info importante, encore moins évidente à trouver car en plus de la difficulté du cheminement il dépend beaucoup des capacités physiques de chacun. Connaitre cette info permettra de caler le parcours dans la journée pour éviter de rentrer trop tard et surtout de garder une marge en cas de souci pour éviter un retour à la nuit tombante. Nous croisons quasiment à chaque retour de rando des inconscients qui partent en milieu d’après-midi sur des parcours relativement longs.   

Il va donc falloir consacrer un peu de temps en amont de l’activité pour trouver toutes ces infos, afin de choisir un parcours adapté en connaissance de cause.

Le dénivelé moyen parcouru par un randonneur est de 300 mètres à l’heure en montée et de 450 mètres à l’heure en descente. Sur le plat, ce randonneur aura une vitesse de 4km/h. 

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Pour notre part, nous démarrons toujours la saison avec une rando très cool d’environ 200 à 250 mètres de dénivelé et une distance de 5 km maxi afin de vérifier que tout fonctionne bien (physique et matériel). Puis nous effectuons deux randos de 400/500 mètres de dénivelé en augmentant un peu la distance avant de passer, si tout va bien, à des randos entre 700 et 900 mètres de dénivelé pour une dizaine de kilomètres. Puis nous attaquons les choses sérieuses avec des randos autour de 1000 mètres de dénivelé et une distance de 12 à 16 km (16 kilomètres étant la limite que nous nous sommes fixée). A l’heure actuelle, nous sommes en fin de saison, avec des dénivelés jusqu’à 1400 mètres, mais avec toujours un kilométrage limité car la combinaison des deux chiffres donne un temps de rando maxi pour la journée (pas loin de 8h de marche en comptant les arrêts pique-nique et photos !). Ce genre de rando est classée « difficile » ; nous nous refusons à aborder les randos "très difficiles" car celles-ci ont des passages qui nécessitent du matériel d’escalade qu’il faut porter toute la journée.

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Par conséquent, lorsque vous voyez sur ce blog une rando qui vous plait, je vous conseille fortement de vous documenter sur le parcours pour voir s’il correspond à votre capacité physique et à votre niveau d’entrainement à l’instant T.

Quant aux personnes qui viennent seulement une petite quinzaine de jours en montagne pour faire des randos, à moins d’être suffisamment sportifs et en très bonne condition physique, je vous conseille de rester dans les 2 premières catégories (facile et moyenne) car vous n’aurez pas le temps de progresser physiquement pour passer à la catégorie difficile qui porte bien son nom !

Il est important d’ailleurs de choisir sa destination après avoir consulté les randos à faire, chaque massif montagneux ayant ses caractéristiques propres qui influent fortement sur la difficulté des randonnées possibles. Par exemple, dans certains massifs de Haute-Savoie, il y a beaucoup de randonnées avec des dénivelés importants et des départs qui grimpent tout de suite sans laisser le temps de s’échauffer.

Concernant le Vercors, qui est notre destination du moment, toutes les randos qui permettent d’accéder aux hauts plateaux côté vallée du Drac ont des dénivelés d’environ 900 mètres (soit 3h de grimpette). Pour contourner cette difficulté, si vous n’êtes pas suffisamment entrainés, il suffit de partir de l’autre côté du massif, de Villard de Lans, car l’été des remontées mécaniques vous permettront d’accéder aux hauts plateaux avec des dénivelés relativement faibles.

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Une caractéristique importante d’une rando qui n’apparait nulle part concerne le type de chemin ou de sentier que vous allez emprunter. Celui-ci dépend beaucoup des massifs. En Oisans par exemple, il y a beaucoup d’alpages ; vous allez donc marcher souvent sur de la terre compactée au milieu de la verdure, ce sera l’idéal ! En Chartreuse ou en Vercors, vous marcherez très souvent sur des sentiers caillouteux qui nécessitent une attention de tous les instants pour préserver ses chevilles !   

Si des "passages exposés" sont mentionnés dans le topo de votre rando, il faudra traduire par "passages dangereux". En effet, un passage exposé surplombe le vide et ne pardonne pas le moindre faux pas. Lorsque celui-ci longe une falaise, c’est moins impressionnant mais tout aussi dangereux. Le pire étant de gravir une arête rocheuse de 30 cm de large avec plusieurs centaines de mètres de vide de chaque côté (c’est du vécu !!!).   

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Pour répondre à la question "vous ne vous perdez jamais ? ", si bien sûr que nous nous perdons, et ce malgré une préparation de chaque rando assez importante. Pourquoi nous perdons-nous ? Tout simplement parce que le marquage d’une rando (repères de peinture et panneaux jaunes de direction) n’est pas toujours présent. L’absence de repères entraine souvent le classement d’une rando dans la rubrique "difficile". Il faut donc avoir une boussole et une carte pour une partie de ces randos. En théorie, vous ne pouvez donc pas vous perdre... En pratique, compte tenu du terrain accidenté en montagne qui va vous empêcher de suivre un cap linéairement, vous risquez d’errer avant de trouver un passage pour rejoindre une direction précise.

Pour minimiser ce risque, il est important de s’assurer que la rando soit balisée. Il faut également connaitre la couleur du balisage car souvent il y a des intersections communes à plusieurs parcours avec des couleurs différentes, notamment lorsque votre rando va croiser ou emprunter des GR (sentiers de grandes randonnées qui se font sur plusieurs jours).

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En général, des panneaux jaunes vous renseignent sur les directions et les temps pour atteindre différents objectifs. Ceux -ci sont parfois bien présents au départ de la rando puis au fil des intersections il va en manquer un et vous aller devoir choisir aléatoirement une direction (une carte pourra vous aider à ce moment- là). De même, les temps indiqués sur ces panneaux peuvent être assez approximatifs voir complétement faux. Concrètement, il y a peu de randonnées correctement balisées (hormis les grandes « classiques »). En tous cas, il faut être attentif à chaque intersection car souvent le marquage à la peinture est présent sur les troncs d’arbres et il n’y a pas forcément un arbre à chaque intersection ! Le marquage à suivre sera peut-être un peu plus loin sur un des chemins. Si vous repérez une croix de la couleur de votre itinéraire, faites demi-tour car ce n’est pas le bon chemin.

Rassurez-vous, même en choisissant une rando facile vous pourrez vous perdre ! Si vous randonnez en plein été, vous ne vous perdrez pas longtemps car il y a beaucoup de monde en montagne. C’est d’ailleurs pourquoi nous préférons l’arrière-saison qui nous permet de voir des animaux plus facilement, ceux-ci se mettant hors de portée des randonneurs en été.   

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Vous l’aurez compris, la randonnée idéale n’existe pas : un parcours en boucle (qui permet un panorama différent entre l’allée et le retour), avec un dénivelé pas trop important, une distance autour d’une dizaine de kilomètres, un sentier balisé correctement avec un revêtement souple (tel celui que l’on trouve en sous-bois) qui va amortir nos pas, plusieurs points de vue différents tout au long de la balade, des rencontres avec la faune de nos montagnes, différentes fleurs à découvrir, un endroit bien plat avec une superbe vue pour la pause pique-nique, un retour pas trop raide pour économiser ses genoux et pas trop long car en fin de rando la fatigue se fait sentir (c’est d’ailleurs à ce moment qu’il faut être le plus vigilant pour éviter la chute)... A chacune de vos randonnées, vous aurez des concessions à faire avec cet idéal ; il est important de les connaitre à l’avance.

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