Le blog de Cath

21 février 2018

Parce que l'emballage compte aussi....

Deux petits cadeaux à offrir.... deux petites boites vite réalisées !

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"La vie mettra des pierres sur ton chemin. A toi de décider si tu en fais un pont ou un mur."

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20 février 2018

Photo unique (Sagar)

On retourne à Sagar pour le vis à vis de cette page (avec une photo que j'aime tout particulièrement).

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"Mon ignorance, mon attachement, mon désir, mes haines. Voilà vraiment mes ennemis."
Dalaï Lama

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19 février 2018

Lundi félin =^..^=

Il semblerait que certains membres du fan-club d'Hélya se languissent de la belle... La voici donc en pleine activité toilette dans un rayon de soleil !

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Et je crois que la demoiselle n'a pas compris qu'elle avait atteint depuis bien longtemps sa taille adulte puisqu'elle continue parfois à se contorsionner pour entrer dans ma poubelle de scrap ! Elle réussit même à s'y endormir....

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Vous constaterez avec cette série de photos que la belle a son poil d'hiver, pour affronter la neige et les frimas. Par comparaison, voici une photo prise cet automne !

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"Il y a des êtres qui font d'un soleil une simple tâche jaune, mais il  y en a aussi qui font d'une simple tache jaune un véritable soleil."
Pablo Picasso

 

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16 février 2018

Les sites bouddhiques du lac Sagar

Aujourd'hui, pour visiter les trois derniers sites de stupas, nous allons traverser le lac Inle dans toute sa longueur, en direction du sud, pour emprunter le chenal qui le relie au lac Sagar (ou Sam Kar ou encore Sankar).

Cette escapade nécessite une journée complète car il faut 6 heures de bateau aller-retour au départ de Nyaungshwe pour accéder au lac Sagar. Ce sera pour nous la plus belle des journées passées dans la région du lac Inle. Une journée où nous serons quasiment seuls, au plus proche de la nature, avec beaucoup de scènes de vie lacustres pittoresques tout au long du chenal qui relie les deux lacs. Vous aurez l'occasion de voir, des monastères, des villages sur pilotis, des nénuphars, des canards, des oiseaux, des jacinthes d'eau, et beaucoup de verdure. Nous sommes en effet à la fin de la saison des pluies, au tout premier mois de la saison sèche. Nous avons eu d'ailleurs beaucoup de chance avec la météo, car il a plu toute la semaine précédente, ce qui a fait monter le niveau du lac Sagar comme lors de la mousson. Nous pourrons voir des stupas en partie  immergés sur deux sites, chose exceptionnelle fin novembre.   

Nous arrivons en vue de Tar Kaung Pagodas, site qui se trouve en face de celui de Sagar, au tout début du lac du même nom.  

 

Vous pourrez voir ici 236 stupas du 17ème siècle qui ont la particularité d'être de style indien. Ils sont donc ornés de beaucoup de statues d'animaux mythologiques. Tout au long de la balade, nous serons accompagnés par les gazouillis des oiseaux et les sons de clochettes des ombrelles de Bouddha.

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Sur la photo ci-dessous, vous reconnaîtrez une statue de lion. Une légende ancienne explique l'omniprésence de ce genre de statue devant les sites sacrés. Il était une fois une princesse enceinte qui se promenait dans la forêt avec sa suite. Soudain, un lion surgit, effraya tout le monde et captura la princesse pour la ramener dans sa tanière. Celle-ci accoucha d'un petit garçon. Le lion s'occupa de ses deux prisonniers au quotidien. La princesse raconta sa capture à son fils devenu grand. Celui-ci organisa leur évasion ; malheureusement ils furent rattrapés par le lion. Le jeune homme fût obligé de tuer le lion pour conquérir leur liberté. Devenu adulte, il accéda au titre de roi. Un jour, il se mit à souffrir d'un mal de tête incurable. Il visita un chaman (de nos jours, les astrologues, qui ont remplacé les chamans, sont toujours très écoutés par les Birmans) qui diagnostiqua la cause du mal : le meurtre du lion qui l'avait élevé comme un père. Pour conjurer ce mauvais sort, le roi fit ériger une statue de lion devant le palais. Depuis ce jour, la plupart des pagodes birmanes sont protégées par des statues de lion devant leur entrée principale.   

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Nous reprenons le bateau pour gagner l'autre rive du lac.   

Le site de Sagar possède nettement moins de stupas. Ceux-ci sont en cours de rénovation. Beaucoup d'entre eux ont leur base immergée, ce qui ajoute à la magie du lieu.    

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Après la pause déjeuner, nous retournons en direction du lac Inlé. Nous allons ralentir au niveau du site de Sagar car le panorama à partir du bateau est magnifique et les angles de vue totalement différents par rapport au côté où nous sommes arrivés. Puis nous arriverons en vue du site de Taung Toe, qui se trouve sur une colline dominant le chenal de liaison entre les deux lacs.

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Petit conseil de M. Cath : la visite des sites dans cet ordre permet d'être complètement seuls sur le premier et le dernier, ce qui ajoute à la magie des lieux, encore accrue par la douce musique des clochettes des stupas qui tintent au vent et par le gazouillis des oiseaux. Très peu de touristes se risquent aussi loin du lac Inle, par manque de temps et aussi d'intérêt sincère pour l'esthétique liée à la religion bouddhiste, qui est pourtant un des attraits majeurs de plusieurs pays asiatiques. Ceux qui s'éloignent ne visitent souvent que le site de Sagar, où vous trouverez une dizaine de touristes tout au plus.

Sur la vidéo suivante vous assisterez à quelques scènes de vie qui ont participé à la réussite de cette escapade et resteront gravées dans nos souvenirs. Vous verrez sur les premières images les deux gigantesques statues de lions qui gardent l'accés au site de Tar Kaung, conformément à la légende évoquée ci-dessus.

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15 février 2018

Deux jours trop tard (chapitre 5)

Elle ne reconnaît plus ni ses parents, ni sa maison. Elle est plongée dans une atmosphère de tristesse et de silence, un lieu sinistre peuplé de fantômes invisibles mais oppressants. Au tout début, la présence de la famille, des amis et des connaissances avait rendu l’épreuve légèrement plus supportable, mais petit à petit tous ces gens s’éloignent, ils retournent à leurs occupations. Quand un malheur arrive, on compatit, on vient une fois ou deux apporter son soutien, on essaie d’encourager ceux qui sont dans la peine, on propose ses services. Puis peu à peu on se lasse devant cet océan de tristesse. « D’accord, c’est dur ! Mais on a aussi nos problèmes. On ne peut pas porter toute leur peine. Il faut qu’ils s’habituent. La vie continue… » Et c’est ainsi que les visites se font de plus en plus rares, sauf celles de Marie-Louise qui vient souvent pleurer avec la mère l’après-midi. La petite ressent la souffrance de sa mère jusqu’au plus profond de son cœur. Mais que peut faire une enfant de huit ans pour endiguer un tel flot de désespoir, de colère, d’impuissance ? Elle n’a ni les mots ni les gestes de consolation. Elle ne peut que regarder sa mère avec gravité, les yeux pleins de tristesse, les larmes au bord des cils, se demandant si un jour elle reverra un sourire joyeux sur le visage de cette maman qui aimait tant chanter et dont la voix claire ne résonne plus jamais dans la cuisine. Elle entend fréquemment de bonnes âmes dire : « Il faut être courageuse Céline. Il vous reste la petite. Vous allez vous consacrer à elle maintenant. Il ne faut pas l’oublier, elle a besoin de vous. Et puis vous êtes jeunes tous les deux, vous en aurez d’autres. ». Et la mère, fatiguée, découragée, le visage pâle et défait répond chaque fois : « Bien sûr, mais je n’y arrive pas. Un enfant ne remplace pas l’autre. ». Comment comprendre que le cœur de cette mère s’est rabougri sur son chagrin sans fond et que son ventre est sec comme une écorce déchiquetée ? Le père s’est replié sur sa douleur, mâchoires serrées, visage fermé, corps raidi. Pas un geste d’amour pour la mère, pas un regard vers la petite fille. Après l’école, il reste à son bureau dans sa classe pendant des heures. Travaille-t-il ? Lit-il ? Pense-t-il ? Qui le sait ? Personne n’ose le déranger : c’est un homme qu’on ne dérange pas. Il apparaît à l’heure des repas, s’assied à la table sans un mot et se met à manger mécaniquement, les yeux dans le vague. Le silence pesant n’est rompu que par de petites phrases impersonnelles : « T’en veux encore ? », « Passe-moi le pain. » qui le rendent plus écrasant encore. La fillette, entre le père glacé et la mère crucifiée, ne trouve plus de place. Elle est orpheline. Des sentiments angoissants se faufilent dans son esprit. « C’est ma faute. C’est parce que j’ai pas pu lui donner la belle agate bleue. Et c’est pour ça que mes parents m’aiment plus ».

Où trouver refuge ? Marie-Louise, la gentille Marie-Louise, elle aussi submergée par la douleur, est aveugle à la détresse de la fillette. Qui reste-t-il pour lui apporter un peu de tendresse et de réconfort ? Lucie, bien sûr. Lucie, la mère de son amie Bernadette, est aussi la femme de ménage de ses parents, chargée surtout de la corvée de lessive, la grande lessive, celle qu’on appelle la « buïe ». Il faut bien les bras puissants de Lucie pour extirper de la lessiveuse bouillante le linge lourd, à l’aide d’un gros bâton, le déposer dans la grande bassine en zinc installée sur la brouette, puis pousser la brouette jusqu’au lavoir communal pour le rincer de nombreuses fois à l’eau claire. Lucie, plantureuse et joviale, communique à la petite fille sa bonne humeur rassurante. La gamine se sent en sécurité tout contre cette femme simple et maternelle. Elle la regarde déployer les draps dans l’eau transparente du lavoir puis les retirer sur la pierre lisse afin de les tordre vigoureusement pour en extraire les résidus de savon. Elle la trouve vivante, énergique et ça lui fait du bien. Un petit détail cependant la chiffonne : cette sorte de verrue, plantée de quelques poils, posée juste au-dessus de sa lèvre supérieure. Il y a longtemps déjà, elle avait demandé à la mère : « Qu’est-ce qu’elle a, Lucie, juste au-dessus de la lèvre ? » « Ce n’est rien ; c’est un poireau ». Un poireau ? La petite en avait été stupéfaite : « Mais un poireau, c’est pas comme ça ! ». « Mais si, réfléchis ! Ça ressemble à un poireau ! ». Elle n’avait pas été convaincue du tout. Pour elle cette chose ressemble plutôt à un insecte avec de longues pattes grêles qui tremblent chaque fois que Lucie parle ou rit. Elle aime bien Lucie qui lui plaque souvent de grosses bises mais chaque fois que Lucie l’embrasse elle se demande si l’insecte ne va pas courir sur son visage ou même se planter carrément dans sa chair et elle vérifie soigneusement du revers de la main que sa joue est restée bien douce.

Chez Lucie, l’argent est rare. Le père de famille va de petits boulots en petits boulots et il est plus souvent au café qu’au travail. Chez eux, c’est mal entretenu et misérable mais la petite y trouve de la chaleur et de la bonne humeur. On ne s’y ennuie pas, il y a des échanges et de la vie. Bernadette a une sœur cadette, Évelyne, et un grand frère, Raymond. Tous les trois, pas toujours bien propres, souvent mal coiffés et généralement mal vêtus « ressemblent à des bohémiens » dit la mère. La petite les trouve magnifiques, exotiques, tellement différents d’elle, obéissante et discrète. Son amie Bernadette est la plus épanouie, affichant le visage ouvert de sa mère et un sourire radieux qui creuse deux fossettes dans ses joues rondes. Évelyne a des traits plus fins, une attitude plus réservée et elle ne participe que timidement aux jeux des deux autres filles. Quant à Raymond, la fillette l’admire en secret. Hardi, insolent parfois, il affecte une allure de voyou qui la fascine. Raymond a le regard goguenard et un sourire de guingois qui lui donnent un air railleur. Agressif parfois, il n’a pas peur de la « baston » et il joue volontiers au mauvais garçon. Il grille en douce des cigarettes qu’il subtilise à son père, ce qui paraît particulièrement audacieux à la petite fille sage. L’an dernier, pendant la guerre, comme beaucoup d’enfants mal nourris et pas très soignés, Raymond avait récupéré la gale et des poux. Lucie avait résolu le problème des poux de la manière la plus simple qui soit : elle avait tondu la belle crinière brune du gamin. Dés qu’il était apparu à l’école le crâne rasé, ses petits camarades s’étaient bassement vengés des mauvais coups qu’il leur avait parfois infligés : « Raymond galeux, Raymond pouilleux. Raymond tonton, Raymond tondu ! ». Ce triste refrain répété à longueur de journée avait humilié le jeune garçon qui avait pris son prénom en horreur. Raymond était devenu synonyme de ridicule, de faiblesse, d’infériorité. Il avait alors décidé que désormais il se prénommerait Jimmy, comme le soldat américain dont sa tante Yvette était tombée amoureuse. Jimmy, ça sonne bien, ça fait fort et malin. Depuis, pour lui plaire, la petite s’efforce de l’appeler Jimmy mais dans son cœur, il est toujours Raymond.

Quand elle doit rester chez elle, elle passe de longs moments assise sur la petite marche sous la fenêtre de la cuisine, aussi silencieuse que possible, presque invisible. Elle lit. Sans bruit, elle pleure lorsque Vitalis et Rémi arrivent trop tard pour sauver Joli Cœur… Comme elle, ils n’ont pas eu le temps de faire ce qu’il fallait en temps voulu et la mort a été plus rapide qu’eux. Elle n’est donc pas seule à n’avoir pas réussi. Ses larmes la soulagent.

Au fil des jours, la mère sort peu à peu de son isolement douloureux. Elle se rapproche de sa fille, se fait plus douce et plus aimante comme si elle avait enfin compris que cette petite vie était tout ce qui lui restait d’important. Une complicité tendre s’établit entre elles mais la petite perçoit la fragilité de la mère et elle se sent investie d’une grande responsabilité : protéger cette mère qu’elle aime.

Le père, lui, reste muré, comme si plus personne dans la maison ne l’intéressait. Il ne s’adresse à la fillette que pour la réprimander ou lui donner un ordre sur un ton rogue, sans jamais un mot et encore moins un geste de tendresse. Ses réactions sont souvent inattendues et violentes et pour une simple broutille il peut entrer dans une fureur démesurée. La petite ne sait plus ce qu’elle peut faire ou dire et elle éprouve une peur irraisonnée face à ce père froid et coléreux. Il déserte de plus en plus fréquemment la maison pour retrouver ses copains le soir chez la Marthe ou jouer aux boules les dimanches après-midi, laissant la mère seule avec l’enfant.

Ainsi passent les semaines et les mois.

Enfin Noël ! La petite ne contient pas sa joie : elle va avoir cette poupée dont elle rêve depuis si longtemps, une belle poupée qui marche. Sa maman l’a promis. Elle ne croit plus au Père Noël mais, la veille du grand jour, elle est heureuse de mettre ses chaussons devant la crèche, comme avant, quand il y avait Jean-François qui, lui, croyait au Père Noël. Comme d’habitude, bien que ce soit veille de fête, le père se prépare à rejoindre ses amis de bringue. Juste avant de sortir, par jeu ou par provocation, il place ses pantoufles devant la crèche à côté des chaussons de sa fille. « On a rien à mettre dans les pantoufles de papa ! » « Mais si, tu vas voir ! ». Sans doute par dépit, tellement lasse de se sentir délaissée, la mère, qui d’ordinaire n’ose jamais s’opposer à son mari, va chercher dans l’arrière cuisine une pomme de terre qu’elle dépose dans les pantoufles. « Tu crois pas que papa sera fâché ? » « Tant pis ! C’est bien fait pour lui ! Il n’a qu’à rester un peu avec nous. » La fillette ne répond rien mais au fond d’elle, elle trouve l’idée risquée ; le père ne va pas apprécier qu’on se moque de lui. Le lendemain matin, elle se réveille de bonne heure, excitée à la pensée de découvrir cette poupée tant désirée. Elle a tout prévu : elle a fabriqué un petit lit dans un grand carton, elle a arrangé des coussins pour faire un siège, elle a préparé la dînette. Tout doucement, pour ne pas réveiller les parents, elle quitte son lit et se dirige vers la cuisine. Elle avance vers la crèche mais bizarrement, elle ne voit rien dans ses chaussons. Elle s’approche encore un peu et découvre une feuille de papier pliée en quatre et posée là où aurait dû se trouver la poupée. Son cœur s’accélère, ses jambes et ses mains tremblent, elle a un très mauvais pressentiment. Elle se penche, ramasse la feuille de papier, la déplie et lit : « Comme tu n’es pas gentille avec ton papa je suis partie. La poupée. » Des sanglots montent à sa gorge, des larmes de chagrin et de colère lui piquent les yeux. Sans bruit, comme elle est venue, elle retourne pleurer silencieusement dans son lit.

Elle hait son père.

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14 février 2018

Coin lecture et coup de pouce !

Avant de vous inviter dans le coin lecture de mon blog, une fois n'est pas coutume, je vais vous demander un petit coup de pouce....
Vous connaissez mon adorable petite-nièce, Jeanne. Vous connaissez même son papa, que vous avez vu dans cet album ou encore sur des pages (ici, ou encore ....). Aujourd'hui, c'est un coup de pouce à l'entrepise familiale des parents du jeune papa que vous pouvez donner. En effet, ils participent à un concours d'entreprises artisanales organisé par la chambre des métiers de Rhône-Alpes Auverge et ils ont été nominés dans la catégorie "Entreprise responsable". Ils peuvent maintenant gagner le prix "coup de cœur" en rassemblant un maximum de votes (l'enjeu est principalement un gain de notoriété puisque la récompense est un publi-reportage dans une revue, avec, en outre, la préence de la presse  locale à la soirée de remise des prix).
Pour soutenir cette petite entreprise, il vous suffit d'aller sur cette page et de voter  pour "Cordonnerie de Guibert". Un grand merci d'avane pour eux !

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"Un lecteur vit un millier de vies avant de mourir. Celui qui ne lit pas n'en vit qu'une."
George R. R. Martin

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Pourvu que la nuit s'achève (Nadia Hashimi) ♥♥♥♥
Présentation de l'éditeur : « J’avais imaginé un million de morts pour mon mari : il aurait pu mourir frappé par la foudre. Ça aurait été tellement plus simple pour tout le monde : un éclair tombé du ciel. Mais les orages ne sont jamais là quand on a besoin d’eux. »
Lorsqu’on retrouve Zeba, le cadavre de son mari gisant à ses pieds, il paraît évident aux yeux de tous qu’elle l’a tué. Depuis son retour de la guerre, Kamal est devenu un autre homme, alcoolique et violent. Mais cette femme dévouée est-elle vraiment capable d’un tel crime ? Présumée coupable, elle est incarcérée dans la prison pour femmes de Chil Mahtab, laissant derrière elle ses quatre enfants.
C’est à Yusuf, revenu des États-Unis pour régler une dette symbolique envers son pays d’origine, que revient la défense de ce cas désespéré. Mais alors que son avocat l’exhorte à parler, Zeba garde obstinément le silence. Qui cherche-t-elle à protéger en acceptant de jouer le rôle du suspect idéal ? Il faudra beaucoup de courage à Yusuf pour faire innocenter celle que tout le monde voit déjà pendue haut et court.

"Pourvu que la nuit s'achève" est le troisième roman de Nadia Hashimi que je lis en l'espace d'une année, après  Si la lune éclaire nos pas et  La perle et la coquilleSi j'ai beaucoup aimé les deux premiers, j'avoue avoir eu plus de mal à rentrer dans l'histoire pour ce nouveau roman, auquel j'ai trouvé beaucoup de longueurs, notamment dans la première partie.
A travers l'histoire tragique de Zeba, l'auteure traite de la condition sociale des femmes en Afghanistan, qui ne semble pas avoir beaucoup évoluée depuis l'époque où les talibans étaient au pouvoir . Les hommes y ont tous les droits et les femmes aucun,  la religion y est souveraine, les coutumes pèsent très lourd.
Nadia Hashimi dénoue petit à petit le fil de l'histoire et lève le mystère sur le drame à l'origine de l'emprisonnement de Zeba. Au fil des pages, le lecteur passe par toute une palette de sentiments : l'injustice, la révolte, la compassion mais aussi l'espoir dans cette prison de femmes.
Malgré ses quelques longueurs, je vous conseille ce roman bouleversant, à l'écriture pudique et sensible, que l'on referme en se disant que l'on a beau être en 2018, certains pays ont encore du chemin à faire pour l'égalité des sexes et la justice ! Et on se félicite, en tant que femme, d'être née au bon endroit....

 

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Il était une lettre (Kathryn Hugues) ♥♥♥♥♥
Présentation de l'éditeur : N°1 des ventes en Angleterre, une saga bouleversante qui relie deux destins de femmes au cœur brisé.
Tina est malheureuse auprès d'un mari trop porté sur la boisson et souvent violent. Le week-end, pour ne pas être à ses côtés, elle se réfugie dans une boutique caritative où elle est vendeuse bénévole. C’est alors que sa vie bascule lorsqu'elle y découvre une lettre dans la poche d'un vieux costume. Cette lettre n'a jamais été ouverte, le timbre n’est pas cacheté et elle date de septembre 1939 : c'est une demande en mariage.
Très émue que la destinataire n’ait jamais reçu cette demande, Tina va mener l'enquête et découvrir l'histoire bouleversante d'un amour impossible... Celui de Chrissie, jeune sage femme de 17 ans qui tombe éperdument amoureuse du jeune séducteur de son quartier, malgré les réticences de son père, un médecin très strict. La guerre finit par exploser et son grand amour est contraint de partir au front, la laissant enceinte, et seule face à ce secret honteux qui va faire exploser sa cellule familiale.
Pendant que Tina poursuit ses recherches, elle découvre qu’elle aussi est enceinte, mais d’un homme qu’elle n’aime plus. Elle décide d’essayer de retrouver à tout prix Chrissie et son enfant, en espérant ainsi redonner du sens à sa vie.

Si vous aimez les livres romantiques, placés sous le signe de l'amour et des secrets, je ne peux que vous conseiller ce premier roman de Kathryn Hugues. L'histoire est belle et touchante, joliment écrite.
L'auteure  construit son récit autour d'une lettre trouvée par Tina dans les années 70. Cette lettre, qui sera le fil conducteur du roman, aurait pu changer le destin des personnages dans les années 40... et bouleversera le cours des choses dans les années 70. Kathryn Hugues alterne les époques, les personnages (très attachants) et les lieux avec brio et sait tenir son lecteur en haleine.
D'aucuns diront qu'il y a beaucoup de clichés, des coïncidences bienvenues pour le déroulement (et le dénouement) de l'histoire, des situations parfois peu crédibles, des personnages caricaturaux (la femme battue, le mari alcoolique). Mais malgré cela, on se laisse prendre dans l'intrigue et ses rebondissements et on suit avec beaucoup d'intérêt le destin intimement lié de ces deux femmes. Pour ma part, j'ai dévoré ce premier roman très réussi qui m'a donné envie de lire le second (et c'est ce que j'ai fait puisque j'ai enchainé avec "il était un secret" !)

 

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Il était un secret (Kathryn Hugues) ♥♥♥
Présentation de l'éditeur : 1975. Lors d’une journée de canicule, une virée à la mer entre amis se termine par un accident tragique.
Ce même été, Mary, une jeune veuve en mal d’enfant, découvre un bébé abandonné devant sa porte…
2016. Beth vient de perdre sa mère. Or celle-ci ne lui a jamais révélé l’identité de son père. Ignorer tout de ses antécédents familiaux se révèle d’autant plus dramatique pour Beth qu’elle cherche désespérément un donneur compatible pour son petit garçon, qui a besoin d’une greffe de rein. Grâce à un vieil article de journal, elle parvient à remonter le fil du passé et à découvrir le secret qui pesait sur sa vie depuis son enfance. Cette révélation va rassembler des personnes qui n’ont jamais rien su du lien qui les unissait.

Enthousiasmée par ma lecture de "Il était une lettre", j'ai donc enchainé avec "Il était un secret" (qui est une histoire totalement indépendante). J'ai trouvé le roman moins captivant que "Il était une lettre". On y retrouve la même alternance entre passé et présent (une alternance très bien maniée) et là encore, les pièces du puzzle se mettent en place au fil des pages, dévoilant petit à petit les secrets qui ont influencé les vie des personnages.
A l'instar de "Il était une lettre",  il y a beaucoup trop de coïncidences pour que tout cela soit crédible... mais après tout, c'est un roman ! Quoiqu'il en soit, même si il ne me laissera pas un souvenir impérissable, j'ai passé un agréable moment de lecture en compagnie de personnages attachants.

 

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Jeanne, sans domicile fixe (Lorraine Fouchet) ♥♥♥
Présentation de l'éditeur : J'ai toujours conduit avec les mains en bas du volant, et très proches l'une de l'autre, ce qui oblige à d'amples mouvements des bras dans les virages. Denis conduit avec les mains de part et d'autre. Il effleure la roue gainée de plastique lisse et la voiture tourne, docile. Moi, je me suis toujours agrippée. Au volant. A mon père. A Denis. A Christine. C'est ce qu'on appelle une " direction assistée ". Elle, c'est Valérie, 28 ans, médecin, Balance ascendant Balance. Denis, son mari, en aime une autre. Christine, sa meilleure amie, vit à l'autre bout du monde. Et puis il y a Franck, l'acteur en panne de rôle qui lui donne la réplique... Débarque Jeanne, vieille originale sans domicile fixe, insupportable et adorable. Pas de baguette magique, mais un vieux Leica... Fée, ou sorcière ? 

Lorraine Fouchet fait partie de ces auteurs pour qui j'ai une tendresse particulière car ils écrivent des livres que je qualifierais volontiers de "livres-doudous". J'avais donc envie de découvrir son premier roman, paru il a déjà presque 30 ans ! Même si il m'a semblé moins abouti que les trois autres (beaucoup plus récents) que j'ai lus, j'y ai retrouvé des personnages attachants, beaucoup d'humanité et de tendresse.  Et si il ne restera pas dans mes favoris de l'auteure, ce fut tout de même une lecture plaisante.

 

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Mes lectures finies

lus

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13 février 2018

Mon courrier joli joli et une gagnante !

J'ai reçu de très jolies cartes de voeux cette année encore. Voici les dernières arrivées dans ma boite à lettres...

Caroline
Caroline

Christelle
Christelle

Hélène
Hélène

Isabelle
Isabelle

Laurence
Laurence

Marianne
Marianne

Marie-Anne
Marie-Anne

Marie-Hélène
Marie-Hélène

Pascale
Pascale

Stéphanie
Stephanie

Merci (et bravo !) à toutes leurs créatrices !

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Il est temps de vous donner le nom de la gagnante au petit jeu que j'ai proposé pour l'anniversaire de mon blog. Mon ami Random a désigné le 35ème commentaire.

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Et c'est Marie-Edith qui se cache derrière ce numéro ! Bravo à toi !

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"La différence entre le possible et l'impossible se trouve dans la détermination."
Gandhi

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12 février 2018

Beautiful Jeanne

Encore et toujours notre joli rayon de soleil.... si craquante ! 

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"C'est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante."
Paolo Coelho

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09 février 2018

Les sites bouddhiques aux environs du lac Inle

Au fil des reportages précédents, vous avez compris que le lac Inle, en raison de toutes ses spécificités, est une étape incontournable d'un voyage en Birmanie. Pour s'imprégner de ce mode de vie particulier, il faudra prévoir un nombre de jours supérieur à celui proposé par les tour-opérateurs. Ceci permettra de faire des excursions pour visiter les cinq sites bouddhiques anciens dans la région du lac, qui possèdent de très beaux stupas dont certains sont encore enfouis dans la végétation. Aujourd'hui, le site le plus visité est celui d'In Dein car il est le plus proche du lac.
Petit conseil de M. Cath pour éviter la foule qui dénature l'endroit : Il faut partir de Nyaungshwe vers 14h, vous croiserez alors sur le canal d'accès de nombreux bateaux qui ramènent les touristes. Vous pourrez rester sur le site jusqu'à 16h quasiment seuls, avec une lumière de fin d'après-midi fabuleuse. De plus, au retour, vous  traverserez le lac au moment du coucher du soleil.

Le terme stupa signifie "chignon" ; il est également appelé "zedi" en birman. A l'origine, c'est un monument funéraire abritant une part des cendres de Bouddha divisées en  huit et données aux rois venus lui rendre hommage à l'occasion de sa crémation. Les huit premiers stupas n'étaient que des empilements de pierres ou de terre. Au fil du temps, ils ont été recouverts de briques puis d'enduit. Les bouddhistes les plus riches ont fait construire d'autres stupas pour abriter des textes sacrés et des images saintes et surtout pour acquérir des mérites. Ces mérites permettent d'avoir une nouvelle vie meilleure lors de la réincarnation. 

Il y a deux grandes familles de stupas : ceux en forme de cloche (zedi), qui sont pleins

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et ceux avec une base carrée ou rectangulaire, qui sont évidés et contiennent souvent une ou des statues de bouddha. 

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L'architecture des stupas a évolué au cours des siècles. Cependant, trois symboles du bouddhisme ont traversé les temps et restent représentés sur la plupart  des monuments : 

- les trois robes de Bouddha, figurées par les corniches grisâtres sur le premier stupa de la photo et par les trois niveaux en rouge à la base du second.

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- le bol à aumône de Bouddha à l'envers sur les stupas de gros diamètre. On le voit sur la photo ci-dessous, juste au-dessus de la petite ombrelle du stupa en avant.

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- l'ombrelle de Bouddha entourée de cloches 

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La forme de celle-ci indique l'ethnie de la personne qui a fait construire le stupa.
Sur la photo ci-dessous, vous pouvez voir des ombrelles Shan et Pa-o.

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Le montage vidéo suivant permet d'écouter le concert pour clochettes à ombrelles agitées par la brise.   

Il y a dix ans, le site d'In Dein était en grande partie enfoui dans la végétation. Malheureusement pour le côté "Angkor Thom", de généreux donateurs ont permis sa restauration qui est en cours. Du coup une grande partie de la magie du site s'évanouit avec la disparition de la végétation. 

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Le site de Kakku est accessible en voiture car il se trouve à l'intérieur des terres. La journée nécessaire à cette escapade permet de voir tout au long de la route beaucoup de scènes de vie. Elle permet également de visiter un ou des villages Pa-O ou Shan.
Petit conseil de M. Cath : l'idéal est de partir vers 7h30 le matin et de combiner cette journée avec le marché de Taunggyi, qui fera une étape haute en couleurs et totalement vierge de touristes. Il est obligatoire de prendre un guide Pa-O pour visiter Kakku.

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Il y a environ 2500 stupas sur le site. Le plus ancien, qui est aussi le plus grand, date de 300 ans avant Jésus Christ. Les autres sont du onzième au treizième siècle (période de Bagan). Sur ce site, les stupas sont de style Shan et Pa-o

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Bien entendu tous ces sites bouddhiques sont toujours en activité et les fidèles viennent régulièrement se recueillir.

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Vous pourrez entendre sur la vidéo ci-dessous le son de la cloche et celui du gong  présents dans tous les lieux sacrés.

Nous visiterons les trois derniers sites de stupas lors d'un prochain reportage. Il faudra alors reprendre la pirogue à moteur pour une journée entière de balade sur l'eau.

 

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08 février 2018

Deux jours trop tard (chapitre 4)

Le temps s’étire, monotone. C’est dimanche. Depuis jeudi, elle n’est pas retournée chez elle. Elle dort et elle mange chez Marie-Louise. Marie-Louise est la meilleure amie de la mère. Elle n’a pas d’enfant et elle déverse un peu de son amour maternel déçu sur la fillette et son frère. D’habitude elle aime bien aller chez Marie-Louise. Sa cuisine est toute petite, il y fait toujours chaud en hiver et il y flotte une délicieuse odeur de compote de pommes. Et puis il y a Joseph, son mari. C’est un pro de la mécanique. Il a un atelier de réparation de vélos qui ne désemplit pas. Il faut dire que la plupart des déplacements se font sur de vieux clous d’avant-guerre sur lesquels il y a fréquemment des pièces défaillantes. L’atelier est dans un désordre indescriptible où s’enchevêtrent des jantes tordues, des pneus de toutes tailles, des chambres à air dégonflées, des câbles plus ou moins rouillés, des pédales dépareillées, des pignons voilés, et il y règne des odeurs mêlées de graisse, de colle à rustine, de ferraille. La petite peut rester de longs moments dans ce lieu extraordinaire. Joseph sait tirer parti de tout et se déplace sans hésitation dans ce fouillis, sûr de trouver sans coup férir la pièce miraculeuse qui viendra redonner un peu de jeunesse au vélo désossé, suspendu par la selle et le guidon en plein milieu de l’atelier. Cette sorte de cour des miracles jouxte la cuisine et une simple porte de communication les sépare. Au début, Joseph laissait Marie-Louise mettre un peu d’ordre dans ce fatras mais petit à petit elle a lâché prise et presque à son insu elle a laissé Joseph s’emparer des lieux, ne passant la tête à la porte que pour annoncer que le déjeuner est prêt ou qu’il y a une tasse de café chaud qui attend sur la table de la cuisine. Souvent Joseph préfère aller jusqu’au café de la Marthe où il s’affiche sans vergogne avec Anna sa jeune voisine. Peut-être bien qu’il s’ennuie un peu avec Marie-Louise qui promène un air triste sur son joli visage.

Chez Marie-Louise, la fillette est reine : elle ouvre le placard à couture d’où elle sort la boîte à boutons, presque aussi magique que le sac de billes, ou alors elle prend la pile des « Petit écho de la mode » et s’amuse à reproduire dans un petit cahier quelques unes des élégantes gravures de mode. Elle joue à cache-cache avec Marie-Louise et court partout dans la maison, elle a tous les droits… sauf un. À l’étage, à côté de la porte de la chambre de Joseph et Marie-Louise, il y a une porte toujours fermée à clé. Un jour la petite a demandé « Pourquoi c’est fermé là, Marie-Louise ? Je peux pas entrer ? » « Non, pas ici, c’est défendu » « Mais pourquoi Marie-Louise ? » « Parce que c’est comme ça, un point c’est tout ». Une réponse qui n’a pas satisfait la petite fille qui pensait souvent à cette porte interdite et qui attendait une circonstance favorable.

Il y a toujours des occasions pour les enfants curieux et un jour d’inattention de Marie-Louise, elle vit la clé sur la porte défendue. Elle s’approcha, le cœur battant, décidée à tourner cette clé. Qu’allait-elle découvrir ? Un fantôme ? Une sorcière ? Tout doucement, elle poussa la porte et, stupéfaite, elle découvrit une chambre d’enfant. Au milieu de la pièce un berceau tout habillé de blanc, immaculé, avec une haute flèche supportant un voilage transparent. Contre un mur, une commode de bois clair sur laquelle étaient posées quelques photos : un bébé souriant installé sur le ventre sur un gros coussin ; Marie-Louise, rayonnante, tenant ce même bébé dans ses bras ; Joseph aussi, tendrement penché sur le berceau blanc. Contre le mur opposé, un petit coffre de bois ouvert et un gros nounours marron clair, ses yeux de perle noirs brillant dans la semi-obscurité de la chambre.Tout à coup, elle eut mal, avec un gros chagrin dans son cœur d’enfant. Elle venait de percer le douloureux secret de Marie-Louise, ce secret qui déposait le voile de tristesse sur le visage de la jeune femme. Mais pourquoi ne lui avait-on jamais rien dit ? Quand est-ce que ce bébé était né ? L’avait-on pris à Joseph et Marie-Louise ? Était-il mort ? Et quand ? C’était il y a longtemps puisqu’elle ne l’avait jamais vu. Elle ressentait une colère amère aussi : les grandes personnes ne disent jamais rien aux enfants. C’était comme si on la tenait à l’écart, comme si elle ne pouvait pas comprendre. Et pourtant, elle comprenait tout.

Aujourd’hui, c’est pareil. Elle ne sait rien de ce qui se passe à la maison, on la prive de Jean-François, elle se sent abandonnée. Elle est toujours seule, assise sur les marches de la mairie d’où elle surveille la porte de sa maison. Elle n’a plus envie de rien et voudrait que les heures passent vite pour qu’enfin elle puisse rentrer chez elle. À midi, elle espère bien que ce sera la mère qui l’appellera pour le déjeuner, occasion rêvée pour glisser discrètement l’agate bleue dans la main de Jean-François. Elle reste persuadée que cette agate qui commence à lui brûler les doigts aidera son petit frère à guérir. Il faut absolument qu’elle puisse lui donner ce talisman. Mais c’est encore Marie-Louise qui vient la chercher. « Je t’ai préparé un bon repas comme tu aimes : des coquillettes au beurre avec du jambon ! Et j’ai fait un flan aux œufs ! » « Mais pourquoi je mange pas chez moi ? » « Ton petit frère est fatigué. Il faut le laisser dormir tranquille. » Renfrognée, elle suit Marie-Louise et s’installe à table, à contrecœur, entre Marie-Louise et Joseph. Elle fait mine de se retirer dans ses pensées mais elle tend l’oreille. Ils parlent de la maladie de son petit frère. « Il n’y a que la pénicilline qui pourrait venir à bout de la diphtérie. » « Oui, mais c’est introuvable ici. » « Il paraît que Monsieur Gaubet a téléphoné aux États Unis. Tu te souviens qu’il a été ambassadeur à Washington. Il a encore des relations là-bas. Il a demandé à ce qu’on envoie de la pénicilline par avion ».

Monsieur Gaubet, elle le connaît bien. Il habite le château. Elle sait que c’est un grand écrivain bien qu’elle ne connaisse pas beaucoup d’écrivains, à part la Comtesse de Ségur dont elle a dévoré « Les malheurs de Sophie » et « Le Général Dourakine » entre autres. Elle ne connaît rien des œuvres de Gaubet ! Quand elle a questionné la mère, elle lui a parlé d’une pièce de théâtre avec un titre de conte de fées, et aussi de la jeune fille Violaine, qui est le prénom d’une des demoiselles qui viennent en vacances au château l’été. Chaque après-midi, elle voit l’homme célèbre remonter la rue principale, toujours en complet-veston un peu défraîchi et surtout incongru dans les rues du village, appuyé sur sa canne, trapu, légèrement courbé, visage impassible, nez fort. Il entre à l’église. Il ne répond jamais aux bonjours qu’on lui offre. Est-il hautain, indifférent ou juste perdu dans ses pensées ? Quand il fait beau, l’été, il va jusqu’au bord du fleuve cueillir une brassée de cannes d’or qu’il dépose ensuite à l’église aux pieds de la Vierge qu’il vient prier chaque jour. Alors, c’est lui qui voudrait aider Jean-François à guérir ? La petite fille est stupéfaite. Comment sait-il qu’il est malade ? Est-ce possible qu’il soit gentil, lui qui a l’air de ne jamais voir personne ?

Tout à coup, elle est plus gaie, elle se sent moins seule, un monsieur important s’occupe de Jean-François. Elle quitte la table et repart vers la mairie, mais il fait trop chaud pour rester sur les marches et elle s’assied sur le banc de pierre sous le gros tilleul de la place. Tiens ! La Minette est là qui semble l’attendre. Jean-François et elle l’ont trouvée l’an dernier dans un buisson : petit chaton roux, abandonné, fragile. Ils l’ont ramenée à la maison où, affamée, elle a mangé goulûment la mie de pain trempée dans du lait que les enfants lui tendaient du bout des doigts. « On va la garder, s’il te plaît maman ! » « Pourquoi pas, mais elle est couverte de puces ! Il va falloir la débarrasser de tout ça ! » « Sac à puces, sac à puces ! On va l’appeler Sakapuce ! » « Sakapuce… Ce n’est pas joli, voyons. Si vous l’appeliez Capucine, ce n’est pas mieux ? » Et Capucine ronronne, là, contre les jambes de la petite fille qui lui caresse doucement la tête, puis la prend dans ses bras pour plonger son visage dans la fourrure chaude et rassurante. Elle oublie de surveiller ce qui se passe sur la place et, tout à coup, Marie-Louise est près d’elle, en pleurs. Instantanément la fillette est enveloppée par un nuage noir, son sang se glace, son cœur rétrécit dans sa poitrine comme s’il se fripait. Elle sent le bras de Marie-Louise autour de ses épaules, elle entend ses mots, ouatés, comme venus de très loin « Ma chérie, tu n’as plus de petit frère ». Elle n’a que huit ans mais elle comprend qu’à partir de maintenant son univers bascule, plus rien ne sera comme avant. Elle vient de faire connaissance avec la mort dans ce qu’elle a de plus cruel, de plus irréversible. Des sanglots irrépressibles l’étouffent, tout son petit être se raidit dans la souffrance, son chagrin est immense, mais quelque chose en elle se révolte : elle a toujours un petit frère, toute sa vie elle aura un petit frère.

La pénicilline est arrivée deux jours plus tard.

Dans le tome II du Journal de Georges Gaubet, à la date du jour, on peut lire cette phrase laconique, cruelle et froide : « Mort du petit garçon de l’instituteur. 4 ans. »

 

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Posté par Cath- à 07:00 - - Commentaires [24] - Permalien [#]