30 octobre 2011

Salon de la photo (2)

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SIGMA, qui est à la base un fabricant d'objectifs, avait sorti toute sa gamme ; chaque objectif étant disponible avec 4 montures différentes pour s'adapter aux reflex Canon, Nikon, Pentax, Sony.

 

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Ici le 500 mm fixe à ouverture f/4,5. Joli tromblon, n'est-ce pas ? Les 500 mm et 600 mm fixes sont utilisés par les journalistes sportifs ou les photographes animaliers. Le 800 mm fixe est utilisé par les paparazzi.

 

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Redescendons sur terre avec ce 17-50 mm à ouverture constante f/2,8 tout de même. Le sigle DC indique que c'est un objectif construit pour les reflex à petit capteur. 

 

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Canon avait sorti l'artillerie lourde et j'ai bien failli me faire descendre. Heureusement que je n'avais pas de signe distinctif de Nikoniste, sinon je ne serais pas là aujourd'hui pour vous faire partager cette aventure.

 

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Voilà ce que ça donne de profil. Ici un objectif fixe de 500mm à ouverture f/4 équipé d'un stabilisateur d'image. Le fut est en alliage de magnésium et titane pour réduire son poids (3,2kg quand même, sans le boîtier bien sur). La commercialisation de cette série appelée n°2 est prévue en décembre à un prix d'environ 10000 dollars ! Dire qu'avec un bridge on atteint facilement une distance focale identique ; bien sur la qualité d'image n'aura rien à voir. Heureusement car à 400 g le bridge contre... on va dire.... environ 5kg avec le boîtier et le trépied, ça serait de la triche !

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Les objectifs de couleur blanc cassé chez Canon sont ceux de la gamme pro, appelée série L. Comme ça vous êtes surs de ne pas passer inaperçus, au cas où la taille ne suffirait pas à vous faire remarquer ! 

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Revenons à une gamme plus accessible avec le dernier reflex grand public Canon, l'EOS 600D qui est une évolution du 550D, best seller de la marque rouge (environ 600 euros boîtier nu).

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L'EOS 60D est d'après le magazine "Déclic photo" le reflex des amateurs éclairés. Décidément, la photo n'est pas une activité faite pour tout le monde ; ceux qui n'ont pas la lumière à tous les étages doivent s'abstenir ! Celui-ci vous sera facturé, en tenue naturiste (traduire boîtier nu), environ 1200 euros.

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Campagne de pub pour Camara.net (tiens, ça me rappelle l'Afrique du Sud !).
Au passage remarquez l'accent mis sur l'outil principal du photographe : son oeil.

 

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Chez Fuji, on mixe technologie dernier cri et allure rétro avec le Finepix X100 (environ 1000 euros). C'est un appareil compact à objectif fixe (équivalent à un 35mm à ouverture f/2) doté d'un viseur qui permet de garder l'oeil gauche ouvert lorsqu'on l'utilise puisqu'il est placé au bord du boîtier. Son capteur de 16 x 24 mm et de 12 MPix a une plage de sensibilité de 200 à 6400 ISO. En résumé, pour Déclic photo, c'est un joli joujou pour passionnés.

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Dans la lignée du X100, le X10 au look rétro est un compact expert doté d'un petit capteur (diagonale de 2/3''). Il possède un zoom de 28-112mm à grande ouverture : f/2 à 28mm et f/2,8 à 112mm, ce qui en fait un objectif très lumineux. Son châssis est en alliage de magnésium ; il est gainé de simili-cuir, le tout pour un poids de 350g et un prix de 530 euros.

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Fuji fait aussi dans le compact. Ici le Finepix F600

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La série des XP30, étanches, anti-gel, anti-chocs, anti-poussière... il ne manquerait plus qu'ils soient anti-scrap ! En tout cas, leur design en forme de galet est très original. 

 

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L'événement du salon était l'arrivée de Nikon dans la famille hybride, avec la présentation en exclusivité mondiale de la gamme Nikon 1, prononcer one ("ouane" pour ceusses qui habitent dans les coins les plus reculés de France style plateau matheysin).

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Cette gamme, conçue dans le seul but de vous offrir des possibilités inégalées en termes de rapidité, de simplicité et de plaisir se compose pour l'instant de deux boîtiers et de quatre optiques. Les deux boîtiers ont le même capteur CMOS de 10MPix. Nikon introduit un nouveau format de capteurs (un de plus !) appelé CX (de dimension 8,8 x 13,2mm, donc plus petit que la concurrence).

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Le Nikon 1 V1 est le boîtier expert qui s'adresse aux amateurs de haute technologie.

J'explique aux blondes :  plutôt que de rester bêtement les pieds sur terre avec votre APN, montez sur un escabeau et tout de suite, vous obtenez de la haute technologie sans débourser un centime supplémentaire.

Le V1 possède un viseur électronique, d'où la petite bosse sur le haut de l'appareil, qui couvre 100% de la scène photographiée (la plupart des reflex  ont des viseurs qui ne couvrent que 95% de cette scène, obligeant à recadrer l'image par la suite sur l'ordinateur). Il possède également un écran de 3' affichant 920 000 pixels. Il sera disponible en noir et en blanc fin octobre à 799 € en kit avec l'objectif VR10-30 mm (équivalent 27-80 mm plein format dites moi que vous comprenez maintenant ! hein, vous comprenez ?) à ouverture  f/3,5-5,6.

J'essaie d'expliquer aux blondes : au sujet de l'ouverture la formule magique f/3,5 est tout simplement une fraction (appelée encore  division, vous avez appris cela à l'école primaire). Le f minuscule est le symbole de la distance focale de l'objectif ; remplaçons le par sa valeur pour le VR 10mm-30mm. A 10mm le diamètre d'ouverture maximum  du diaphragme de l'objectif sera de 10/3,5 =  2,86 mm et à 30 mm ce diamètre sera de 30/5,6 (on utilise le deuxième chiffre qui correspond à la longueur focale maxi du zoom)  = 5,36 mm.

Plus le chiffre sous le trait de fraction est petit, plus l'ouverture maximum sera grande par exemple un objectif fixe de 50mm f/2 aura un diaphragme ouvert à 50mm/2 = 25mm, un autre objectif de 50mm f/1,4 aura un diaphragme ouvert à 50mm/1,4 = 35,7 mm. You see ? 

L'ouverture maxi est une caractéristique de l'objectif ; plus elle sera grande moins il faudra de lumière pour réussir sa photo. Une grande ouverture permet également une faible profondeur de champ.

Dernière tentative pour expliquer aux blondes :  la profondeur de champ n'a rien à voir avec la pénétration du soc de la charrue dans la terre ; elle qualifie la profondeur de la  zone de netteté d'une photo. 

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La vitesse de traitement "phénoménale" (je cite Nikon) de l'appareil permet la capture des images avant que vous n'ayez complètement enfoncé le déclencheur. La capture continue une fois le déclencheur relâché.

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L'autofocus qui équipe les deux boîtiers est le plus rapide du marché. Il est doté du nombre de points sélectionnables le plus élevé au monde (73 en mode sélectif et 41 en mode auto). A titre de comparaison, mon Nikon D700 possède 51 points, ce qui est déjà énorme. Le 600D de Canon n'en a que 9. Le Canon 7D en a 19. Et le vaisseau amiral de la flotte Canon, le 1D MarkIV, qui est un boîtier pro, en a 45. La sélection d'un point dans l'image permet d'affecter la zone de netteté à ce point précis.

 

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Les deux boîtiers possèdent la vidéo, bien sur.

 

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Le J1 destiné au grand public avec son ultra design très épuré sera lancé à 549 euros en kit avec l'objectif 10-30 mm (équivalent 27-80 mm plein format) f/3,5-5,6 

 

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Nouvelle fonction inédite

 

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Disponible en décembre, l'adptateur permettra de monter tous les objectifs Nikkor sur les deux boîtiers avec un coefficient multiplicateur de 2,7 c'est à dire qu'un 50 mm fixe cadrera comme un 135 mm. Le J1 sera commercialisé en 5 coloris : noir mat, blanc laqué, aluminium, rouge glossy et rose (et oui, même Barbie aura le sien !!!). Nikon a poussé l'esthétisme jusqu'à proposer des couleurs assorties pour les optiques et les accessoires.

 

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Pour le lancement, le J1 arborait des couleurs plutôt sympas ; peut-être seront-elles disponibles plus tard ?

Sur son stand Nikon mettait aussi en avant la gamme actuelle de reflex, composée du D3100 (entrée de gamme), D5100 et D 7000 (gamme grand public) ou D300S (gamme expert)

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Ici le D7000

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Nikon est aussi présent sur le segment des bridges, avec le P500 à l'amplitude de zoom impressionnante : 36 x

 

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Quant aux compacts, j'ai compté 15 modèles différents.

 

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Ci-dessus le S3100, disponible en 7 coloris

 

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Coolpix P7100 qui est un compact expert

 

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Mémoire de zoom... ça peut être intéressant.

Notons aussi la présence de TAMRON, autre fabricant d'objectifs pour les 4 marques de reflex

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Et pour finir, ma photo préférée...

En conclusion, la profusion de l'offre masque le fait que l'appareil photo idéal n'existe pas. Il faut donc, avant de passer à l'acte d'achat, bien définir l'utilisation future de son APN et s'assurer que les points forts de l'appareil convoité couvrent cette utilisation. Pensez aussi, en cas d'acquisition d'un APN à objectifs interchangeables, que ce soit un compact, un hybride ou un reflex, au budget final qui va s'alourdir au fur et à mesure de l'achat d'objectifs et accessoires supplémentaires (filtres, sac, trépied, etc...).

Pour finir, quelques statistiques du marché français de la photo : ce marché représente 5% des biens de consommation techniques. Au 2ème trimestre 2011, il était en baisse de 8,3 % par rapport à 2010, effets conjugués de la crise et de la catastrophe de Fukushima (tous les acteurs du marché sont japonais sauf le coréen Samsung).
Sur les 6 premiers mois de 2011, il s'est vendu 1 740 000 compacts, 227 000 reflex, 167 000 bridges, 23 000 hybrides, ce qui donne à la louche pour une année pleine environ 5 millions d'APN vendus en France, dont 4 millions de compacts et 500 000 reflex. 
Le secteur des hybrides est en train de décoller : + 232% de vente par rapport à 2010. Il n'a pas pour l'instant atteint les espérances des fabricants. 
Depuis 10 ans, les ventes de reflex étaient en progression constante. 2011 a fait mentir cette tendance avec une baisse de 4 %. Par contre, les ventes d'objectifs interchangeables progressent de 8%.

J'ai envie de dire : maintenant à vous de jouer ! Vous avez toutes les cartes en main pour faire le bon choix. Si vous êtes arrivés au bout de l'article indemne, vous allez pouvoir dialoguer avec un "conseiller commercial" en toute connaissance de cause ; il ne pourra pas vous prendre pour un collier (traduisez : il ne pourra pas vous enfiler des perles !).    

Posté par CathKiScrap à 07:00 - - Commentaires [39]


28 octobre 2011

Salon de la photo (1)

En ce jour "spécial" pour moi, je laisse la place à M. Cath qui vous emmène au salon de la photo. Si vous envisagez de changer d'appareil ou si vous souhaitez tout simplement vous tenir informés des nouveautés dans ce domaine, je ne peux que vous conseiller de lire attentivement son article (qui sera scindé en deux parties du fait de sa longueur). Avant de vous laisser en sa compagnie, je vous rappelle que vous avez jusqu'à ce soir minuit pour m'envoyer votre participation au challenge pub. Toutes les pages seront publiées ici même lundi.... avec le nom de la gagnante !
Et maintenant, bonne visite en compagnie de notre guide !

Quelques indications à lire attentivement avant de poursuivre l'article (pour les blondes et assimilées, faites-vous expliquer si vous ne comprenez pas et si vous avez toujours  des questions, tournez votre langue sept fois dans la bouche, oubliez-les et contentez-vous de regarder les images) :

L'abréviation APN désigne l'Appareil Photo Numérique, génération qui a remplacé l'appareil photo argentique, qui utilisait les pellicules à base d'iodure d'argent.

Le capteur qui remplace la pellicule possède une surface de silicium composée de cellules photosensibles. Il transforme la lumière qui traverse l'objectif en impulsions électriques. Il existe plusieurs technologies de capteurs : CCD, CMOS et depuis peu CMOS rétro-éclairé (est-ce un capteur qui s'éclaire à la bougie ?). Il existe également plusieurs tailles de capteurs ; ceci s'explique par le coût de fabrication élevé des galettes de silicium dans lesquelles sont découpées leurs surfaces sensibles. Les appareils compacts ont les plus petits capteurs : 1/2,3", fraction qui permet de calculer leur diagonale. Les fabricants ont trouvé cette astuce pour ne pas communiquer les dimensions des capteurs des compacts que je vous livre en scoop : 5 x 6 mm, ridicule, non ??? A l'autre bout de l'échelle, on trouve les reflex qui se déclinent en deux tailles de capteurs : 

       * le format APS-C dont le capteur mesure 15x23 mm chez Canon, et 16x24 mm chez Nikon, Sony et Pentax.
       * le plein format (full frame) avec un capteur de taille identique à la pellicule argentique, 24 x 36 mm.


Entre ces deux extrêmes, se situent  les bridges, qui ont des capteurs légèrement plus grands que les compacts et, depuis deux ans, les hybrides qui possèdent soit des capteurs de format APS-C, soit des capteurs un peu plus petits, de format 4/3 (13 x 17 mm).
La taille du capteur d'un APN est une caractéristique très importante. Plus il sera grand, meilleure sera la qualité de la photo. Par ailleurs, un grand capteur permet de réaliser des photos correctes en basse lumière sans utilisation du flash. Il permet aussi l'introduction de zones floues sur l'image finale, chose impossible à faire avec un capteur de compact.

L'abréviation Mpix= Million de pixels. Le nombre de pixels est une caractéristique du capteur que les fabricants ont mis en avant au niveau marketing. Au fil du temps, ce nombre n'a cessé d'augmenter. Théoriquement, un nombre de pixels élevé augmente la finesse des détails. Le problème est que la différence ne se voit qu'à partir d'un tirage de 20 x 30 cm (vous en faites beaucoup, vous ?), le revers de la médaille étant que plus on augmente le nombre de pixels sur une surface donnée (ici le capteur), plus leur taille est petite et plus leur taille est petite, moins ils captent de lumière (c'est quand même leur boulot à la base). Le manque de lumière entraîne un signal électrique plus faible qui va être compensé par la partie amplification du traitement électronique, d'où l'introduction de bruit, en même temps qu'une perte de dynamique (contraste entre les zones claires et sombres). Les fabricants, de compacts notamment, opèrent un discret retour en arrière sur cette caractéristique, les limites des capteurs actuels étant atteintes voir même dépassées !!!

J'explique aux blondes : le bruit en photo n'est pas une nuisance sonore mais une nuisance visuelle (l'inverse d'une blonde, quoi !).

Concernant les objectifs : la distance focale exprimée en mm représente la distance entre la lentille principale de l'objectif et le capteur de l'appareil. Pour un objectif fixe de 50mm par exemple, cette distance est... fixe (jusque là c'est facile !). Pour un zoom, la lentille principale se déplaçant nous trouvons deux chiffres qui  caractérisent les distances focales extrêmes : 70mm-300mm par exemple. Ces deux objectifs conserveront  leurs distances focales respectives toujours identiques, quel que soit  l'appareil sur lequel ils seront  montés et quelle que soit la taille du capteur de ce boîtier, tout simplement parce que cette caractéristique est propre à l'objectif. 

Les distances focales sont indiquées en équivalent 24 x 36 pour permettre la comparaison malgré les différentes tailles de capteurs. En effet la diminution de la taille du capteur va induire une variation de l'angle de champ de l'objectif.

J'explique aux blondes et aux autres : l'angle de champ, on a beau habiter à la campagne , ce n'est pas le coin du pré ! C'est un terme d'optique qui désigne l'angle formé au centre de la lentille principale d'un objectif par les rayons lumineux qui pénètrent à la périphérie de sa lentille frontale.  Plus la lentille frontale a un diamètre important plus cet angle est grand d'où l'appellation de grand angle qui va permettre de faire des photos de paysage. Nos rayons lumineux sont ensuite renvoyés par la lentille principale avec le même angle vers le capteur de l'appareil. Ceci explique que plus l'angle de champ est grand plus le capteur devra être rapproché de la lentille principale afin de collecter tous les rayons lumineux. Tiens nous venons d'évoquer la distance focale, isn't it ?  Un objectif grand angle a donc une distance focale très courte, en général inférieure à 24 mm.  

Tout ceci est valable avec un capteur 24x36 mm puisque les objectifs sont étudiés pour ce format.
Un capteur plus petit ne collectera pas tous les rayons lumineux renvoyés par la lentille principale, ceux situés à la périphérie de la scène vont passer au dessus, au dessous, à droite, à gauche du capteur. Les rayons qui vont toucher le capteur vont former un angle de champ plus petit, celui-ci  correspondra à l'angle de champ d'un objectif de distance focale plus grande monté sur un boîtier à capteur plein format d'où l'équivalence  24x36mm. C'est ainsi  qu'un capteur de dimensions inférieures à 24x36mm se comportera comme un zoom artificiel.

Un petit capteur est intéressant en macrophotographie, en photographie animalière. Par contre son talon d'achille va être la photo nécessitant un grand angle. Les fabricants d'objectifs ont tous développé une gamme spécifique au capteur APS-C (EF-S pour Canon, DX chez Nikon, DC pour Sigma, DT chez Sony) . Ces objectifs sont donc plus petits, moins lourds que ceux conçus pour les grands capteurs.             


 

Avertissement : les appareils figurant ci-après ne sont pas forcément les meilleurs de leur catégorie. Il s'agit d'un reportage au fil du salon. Pour vous faire une idée plus précise des capacités de chaque appareil je vous invite à consulter les bancs d'essais du site Les numériques ou le dossier Fnac.

Rentrons dans le vif du sujet... ou plutôt au salon de la photo....

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Chez Olympus, on n'a pas peur de se mouiller pour prouver l'étanchéité de son matériel. Ici, le compact TG310, étanche à trois mètres, résistant aux chocs, au gel (-10°), propose un mode 3d sous-marin. Il est équipé d'un zoom 3,6 x (28-102 mm). Il est disponible en 5 couleurs (bleu, orange, rouge, silver, blanc). Son prix est d'environ 150 €. 

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Dans la gamme famille, je voudrais le VR310, qui se glisse facilement dans un sac. Son zoom 10x (24-240 mm) est parfait pour les photos de groupe et les gros plans. Ses 7 filtres artistiques, sa résolution 14 Mpix et sa vidéo HP garantissent de séduisantes photos et vidéos de toutes vos virées. Il est disponible en 4 couleurs : silver, noir, rouge, violet. Prix environ 110 €.

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Pour le voyage, Olympus propose la série SZ (10,20 et 30). 

J'ai testé la prise en main de ces appareils qui sont en effet très ergonomiques. Le SZ20  embarque un capteur CMOS rétro-éclairé de 16 Mpix. Cette nouvelle technologie de capteurs est plus performante en condition de luminosité réduite. Sa fonction panorama permet d'un simple balayage horizontal ou vertical de créer une photo d'ensemble à partir de différents clichés. Il possède un zoom 12,5 X (24-300 mm) qui descend jusqu'au grand angle. Couleur noir ou silver. Prix environ 180 €.

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Le SZ 30 MR, haut de la gamme, multi-tâches (tiens serait-il de sexe féminin ?), zoom 24x (25-600 mm). Et oui, vous avez bien lu : 600 mm !!!! Capteur identique au SZ20. Il réalise des vidéos tout en prenant des photos simultanément. Son mode rafale culmine à 15 images/seconde. Disponible en noir, silver. Prix environ 280 €.


J'explique aux blondes : ce sont bien des APN sans fil ; vous n'êtes pas obligées de commander plusieurs centaines de mètres de rallonge avec votre boîtier. Les fils sont là pour alimenter les appareils en continu et faire office d'antivol.

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Gamme ultra-zoom : des compacts à allure de bridges. Le SP810 a un zoom 36X qui démarre au grand angle, 24 mm, et va jusqu'au 864 mm. Et oui, 864 mm... jusqu'où s'arrêteront-ils ? L'amplitude de zoom est en ce moment la caractéristique mise en avant par le marketing des constructeurs. La vraie question est : la photo à 864 mm est-elle nette ou floue ? Bien entendu, vous ne trouverez nulle part la réponse ; pour la connaître, il faut acheter l'appareil pour le tester vous-mêmes (bien vu, non ?). Prix environ 260 €

 

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Panasonic (leader du marché des APN en volume), partenaire des prochains Jeux Olympiques de Londres, avait le stand le plus attractif du salon. En effet des démonstrations de gymnastique très appréciées du public se déroulaient sur un grand podium.

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Je vous l'avais dit, on est à l'opposé de la nuisance visuelle, non ? 

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Du côté des APN, Panasonic célébrait les 10 ans de la famille Lumix, longtemps déclinée en deux gammes : TZ pour les compacts et FZ pour les bridges. Elle s'enrichit au fil des années. Les APN de 2010 présents sur cette photo ont tous un successeur en 2011 ;  cela ne veut pas dire qu'ils sont dépassés. Il n'est d'ailleurs pas rare que le successeur fasse des photos moins belles ; il y a donc des affaires en perspective car l'ancien appareil reste en vente en parallèle avec le remplaçant, pour un prix attrayant et ce jusqu'à épuisement des stocks.

 

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La doublette TZ18/TZ20 remplace les TZ8 et 10. Ce sont des compacts idéaux pour le voyage. Une fois n'est pas coutume, en raison de la crise, le prix du TZ20 est passé de 400€ à son lancement en début d'année à 270€ aujourd'hui... Qu'on se le dise ! Il est disponible également en rouge et en chocolat.


J'explique aux blondes : la couleur chocolat... pas l'aliment ! Vous ne risquez donc pas d'en avoir plein les doigts.


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Le FZ100 est remplacé par le FZ150 qui possède un zoom 24x (25-600 mm) avec la technologie Power O.I.S. qui est un stabilisateur plus performant dans les conditions de faible luminosité.

 

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Le FZ48 remplace le FZ45 qui était un excellent bridge. Il est toujours disponible à 260 euros environ au lieu de 400 euros à son lancement contre 320 euros pour le FZ48.

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Tout en bas de la photo, le FZ18 que j'ai utilisé pour ce reportage. Cela fait 4 ans qu'il voyage à travers le monde sans aucun souci. A la lumière du jour, les bridges Panasonic font de superbes photos, que ce soit en automatique ou en mode semi-auto. Par contre, en cas de lumière faible, ils ont le même problème que tous les petits capteurs qui équipent les compacts et les bridges. Le bruit apparaît dès que la sensibilité de l'appareil augmente et dépasse 400 ISO. Cela reste des appareils photo qui voyagent facilement en raison de leur légèreté et de leur taille réduite.

 

Dernière née de la famille Lumix, la gamme des hybrides avec la série G qui possède un capteur 4/3 (13x17,3 mm). Cette nouvelle génération d'APN se situe entre les bridges et les Reflex. Pour diminuer la taille du boîtier, la visée Reflex utilisant un pentaprisme et un jeu de miroirs a disparu, laissant la place à une visée électronique. Ces appareils possèdent les automatismes des compacts pouvant être débrayés en manuel comme sur les reflex. Ils peuvent avoir un capteur de format APS-C ou inférieur, ce qui permet la diminution de la taille de leurs objectifs qui sont, tout comme les reflex, interchangeables. En clair, la qualité de photo d'un hybride peut être égale à celle d'un reflex ; sa taille et son poids sont inférieurs. Par contre, le coût s'en approche car il faut acquérir plusieurs objectifs différents

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Le GH2 plus axé sur la vidéo

Le GF3 compact à grand capteur a un écran tactile sur lequel on peut choisir la zone de netteté à n'importe quel endroit de l'image photographiée. Il n'a pas la possibilité de passer en mode semi-auto.

Le G3 hybride grand public équipé d'un écran orientable est le plus petit et plus léger du marché, avec son capteur de 16 MPix.

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Du côté des optiques, Panasonic propose 13 objectifs pour la gamme G, dont deux haut de gamme.

 

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La société Pentax a été rachetée cet été par la firme Ricoh qui produit aussi des APN. La stratégie commerciale de Pentax est en cours d'élaboration et reste pour l'instant dans le flou, un peu comme la photo suivante.

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L'Optio WG.1 fait partie de la ligne des compacts étanches. 

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Pentax Optio RZ18

 

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Disponible en 4 couleurs

 

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Nouveau concept Q System

 

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Voilà la bête en vrai. Sa documentation dit qu'il est le plus petit des compacts à objectifs interchangeables.  Pour brouiller un peu les pistes, le Pentax Q n'est pas un hybride bien qu'il ait des objectifs interchangeables. Il possède un capteur de la taille de celui d'un compact ; c'est encore une nouvelle catégorie appelée "compacts à objectifs interchangeables". Les appareils de cette catégorie possèdent à la fois les inconvénients du compact (petit capteur) et les inconvénients des reflex (obligation d'acheter plusieurs objectifs). Géniale trouvaille............... pour les fabricants ! D'autant plus que le prix de ces appareils est quasi identique aux reflex (pour le Pentax Q, 700 € en kit avec un objectif).

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Les différents objectifs pour le Pentax Q 

 

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Le KR est le nouveau reflex d'entrée de gamme (donc à petit capteur) chez Pentax. Notez les 8 coloris assez inhabituels pour un reflex.
Environ 400 € boitier nu


J'explique aux blondes : un boîtier nu c'est un boîtier vendu sans objectif ; ce n'est pas un boîtier qui se déshabille. De toute façon, il a un petit capteur alors.......... Il faut que les choses soient claires, : nous ne sommes pas au salon de l'érotisme !


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Tiens, puisque c'est comme ça, vous allez voir des photos faites avec un boîtier à petit capteur mais avec une technologie propre à SIGMA, appelée Capture Pleine Couleur, qui confère au capteur un nombre de pixels impressionnant : 46 millions. Ce boîtier est dédié aux photographes de studio ; son tarif de 6000 € le destine aux professionnels.

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Sony est la marque qui va sortir le plus de nouveautés en cette deuxième partie de l'année.

 

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HX9V, l'un des meilleurs compacts du moment (environ 290 €).

 

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Le DSCW 530, construction légère a un tarif également léger, environ 100 €.

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DSC TX 10.  Boîtier tout terrain haut de gamme (environ 300 €). Il est waterproof, anti-chocs, résistant aux froids (pas comme certaines !) son épaisseur de 18mm lui confère un encombrement réduit (pas comme certains).

Vous remarquerez au passage que les compacts hissent les couleurs, ce qui n'est pas déplaisant.

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Un simple basculement de la façade vers le bas dégage l'objectif et met en route l'appareil.

 

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L'éclaté d'un reflex montre la prédominance de l'électronique dans le boîtier. Dans l'ordre en partant de l'avant de l'appareil on trouve le système de visée reflex, composé d'un pentaprisme et d'un jeu de miroirs. Ensuite, la pièce métallique repérée 150 000 est l'obturateur, garanti ici pour 150 000 déclenchements. Puis vient le capteur de 24,3 MPix. Et juste avant le dos de l'appareil, la partie électronique de traitement des informations saisies par le capteur, qui est un composant tout aussi important que le capteur lui-même pour la qualité finale de la photo. Remarquez la taille importante du processeur de marque BIONZ.

 

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Ici le Sony A900 qui est un reflex plein format, c'est-à-dire avec un capteur de taille identique à la pellicule photo argentique 24x36 mm. Les capteurs 24x36 n'induisent pas de conversion par rapport aux distances focales des objectifs. Un objectif fixe de 50 mm garde son angle de champs lorsqu'il est monté sur un boîtier à capteur plein format. Le même objectif fixe de 50 mm monté sur un boîtier à  capteur de taille APS-C  plus petit, va se comporter comme un zoom. Son angle de champ sera réduit car la périphérie  de la scène photographiée ne va pas être enregistrée par le capteur, vous vous rappelez ? Le coefficient multiplicateur de ce zoom artificiel va dépendre de la taille du capteur, plus le capteur sera petit plus le coefficient sera grand. Pour Nikon, Sony et Pentax il faut appliquer un coefficient de 1,5 (notre 50 mm aura l'angle de champ d'un 75 mm). Pour Canon qui utilise des capteurs plus petits, le facteur de multiplication sera de 1,6  (notre 50 mm va avoir l'angle de champ d'un  80mm ).

 A suivre dimanche....

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15 juin 2011

Des mots en photos...

Il y a quelques jours de cela, j'ai vu une bien jolie idée chez Cathy.... Le principe est de photographier des objets du quotidien, de la nature ou des détails architecturaux ressemblant à des lettres et de composer des mots avec ces photos. L'idée m'a totalement séduite et j'ai (presque !) immédiatement empoigné mon appareil photo pour partir à la recherche de quelques lettres cachées dans mon jardin.

Voici le résultat de ma petite balade, dans un esprit (forcément...) très nature.

Cath

J'ai bien l'intention de continuer mon alphabet au fil du temps et de m'amuser à écrire d'autres mots ! Ah, le scrap et la photo nous font vraiment changer le regard que l'on pose sur les choses.... 

Tapez "photographic word art" dans un moteur de recherches et ce sont des dizaines d'exemples qui s'offriront à vos yeux émerveillés ! 

"Qui n'a pas d'imagination n'a pas d'ailes."
Mohammed Ali 

Posté par CathKiScrap à 07:00 - - Commentaires [81]
20 juillet 2009

Chat noir et blanche neige

Afin de répondre aux nombreuses questions suscitées par l'article consacré aux dernières photos (réussies pour une fois !) de notre Djembé (à voir ou revoir ICI), mon photographe préféré vous a concocté un article au sujet de la correction d'exposition. Ne partez pas en courant en lisant ce terme barbare ! Son article est très accessible... même moi j'ai tout compris ! C'est pour dire.... Je lui laisse donc avec grand plaisir la parole...

Il était une fois, un chat noir très difficile à photographier, car toujours surexposé...

il était une fois de la blanche neige qui ressortait grisâtre sur le cliché...

Damned ! Quelle mouche a piqué ce fichu appareil photo qui jusque là donnait entière satisfaction ?

Dans un premier temps, évitez de le projeter violemment contre un mur ; cela n'arrangerait pas les choses... Nous allons plutôt examiner ce qu'il se passe dans le cerveau de l'appareil.

Pour ceci, il faut faire un brin de théorie... Rien de bien compliqué, je vous rassure... Allez, c'est parti pour un remue-méninges estival !

Lorsque le déclencheur de notre appareil est enfoncé à mi-course, l'autofocus opère une mise au point et une cellule photo-électrique mesure la quantité de lumière nécessaire à la bonne exposition du sujet photographié. L'appareil, en position automatique, va proposer une combinaison des trois paramètres permettant d'obtenir l'exposition que la cellule lui a indiquée :

- la sensibilité (voir article ICI)

- l'ouverture du diaphragme (situé dans l'objectif, il est constitué de lamelles mobiles qui laissent passer plus ou moins de lumière)

- la vitesse (temps d'ouverture de l'obturateur situé dans l'appareil photo permettant de faire varier la durée d'exposition du capteur à la lumière)

Gardez en mémoire deux informations importantes :

- la cellule de l'appareil mesure la lumière renvoyée par le sujet et non la lumière totale qui éclaire une scène.

- suivant la matière et la dominante claire ou foncée du sujet, son pouvoir de réflexion va varier de manière importante.  Par exemple, un morceau de tissu noir renvoie très peu de lumière (environ 10%) ; c'est pour cela que nous le percevons sombre. A l'inverse, une feuille de papier blanc renvoie 80% de lumière et nous apparait donc claire.

A ce stade de l'enquête, vous pouvez faire le rapprochement entre le chat noir et le morceau de tissu noir et entre la feuille de papier et la blanche neige... Nous avons les pièces à conviction ; il reste à identifier le coupable et à découvrir le mobile...

Afin de poursuivre nos investigations, il nous faut maintenant un petit indice : les cellules photo-électriques de tous les appareils photos sont étalonnées pour mesurer le pouvoir de réflexion d'un sujet moyen. Ce sujet moyen réfléchit 18% de lumière ; ceci correspond au pouvoir de réflexion de la peau humaine d'un européen (et oui, il n'y a qu'à faire un tour sur les blogs de scrap pour s'apercevoir que 95 % des photos ont pour sujet des zhumains).

Maintenant, en recoupant ces renseignements, nous pouvons examiner ce qu'il se passe dans le cas d'une photo de Djembé (c'est le nom de mon chat noir pour les nouveaux arrivants...). La cellule pense se trouver face à un sujet moyen, avec un pouvoir de réflexion de 18 %, qui serait mal éclairé (en effet Djembé ne réfléchit qu'environ 10% de la lumière qui l'éclaire ; pour la cellule, il en manque donc 8%). Elle va alors proposer à l'appareil photo, pour compenser ce manque de lumière, une ouverture de diaphragme plus importante que nécessaire ou un temps d'exposition plus long. La photo résultant de ce couple diaphragme/vitesse va être surexposée.

01

02

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Djembé se retrouve soit avec des reflets blancs sur ses poils soit carrément avec des poils blancs (comme sur la photo ci-dessus), ce qui n'est pas très esthétique ; tous les maitres esclaves de chats noirs connaissent bien ce problème.

A l'inverse, pour une photo de blanche neige, celle-ci sera considérée par la cellule comme un sujet moyen trop éclairé (la neige reflète environ 80% de lumière). Elle va par conséquent demander à l'appareil photo de réduire fortement la quantité de lumière dirigée vers le capteur. Soit le diaphragme sera trop fermé, soit la vitesse sera trop rapide. La neige va apparaitre grisâtre sur le cliché final, comme dans l'image ci-dessous.

neige1
Et nous voilà obligés d'écrire avant de faire une photo pour que l'on puisse reconnaitre qu'il s'agit de neige... Pfffffffffff...

Voilà, notre enquête touche à sa fin, nous avons trouvé à la fois le coupable (la cellule photo-électrique) et le mobile (compenser la lumière en partant du principe que tous les sujets ont un pouvoir de réflexion de 18%).

Pour éviter toute récidive, nous allons maintenant voir que les fabricants d'appareils photos ont trouvé la parade à ce phénomène. Vous serez heureux(ses) de constater que sur tous les appareils photos (compacts, bridges et reflex) il y a une fonction  qui permet de corriger la surexposition ou la sous-exposition induite par cet étalonnage. Ouf ! Pas besoin de changer d'appareil photo ! Il suffit de se plonger dans la notice de l'actuel. Il existe donc sur votre appareil soit un bouton, soit un menu appelé "compensation d'exposition", repéré par le pictogramme suivant  :  pictogramme

Cette fonction sert aussi dans le cas d'une photo présentant un fort contraste entre le sujet et l'arrière-plan.

Quelques précisions sur ce réglage :

- il agit sur le couple ouverture du diaphragme/vitesse en modifiant un des deux paramètres, ce qui déplace la valeur d'exposition  vers le haut pour surexposer ou vers le bas pour sous-exposer

- il est affublé d'une grandeur pas très conviviale appelée "indice de lumination" notée IL ou en anglais dans le texte EV (exposure value). L'indice de lumination zéro correspond, pour un sensibilité de 100ISO, à une ouverture de diaphragme de F/1 et une vitesse de 1 seconde. Oui, je sais, là c'est un peu plus pointu techniquement mais rassurez-vous, inutile de mémoriser cela pour parvenir à faire une jolie photo de Djembé (ou de Noiraud ou de Félix...). Pour la petite histoire, une scène éclairée par le soleil de midi aura un indice de lumination autour de 10 sur une échelle qui va de -9 à +22. Cet indice détermine la quantité d'éclairement que recevra le capteur ; il regroupe les trois composantes citées au début de l'article (sensibilité, ouverture diaphragme, vitesse).

- la plage de ce réglage varie d'un type d'appareil à l'autre : pour un compact ou un bridge, elle est  généralement de -2 à +2 par rapport à l'indice déterminé par la cellule ; pour mon reflex, cette plage s'étale de -5 à +5.

- la variation de ce réglage est en général d'1/3 d'IL, ce qui suffit à affiner l'exposition.

Bon, vous allez me dire : "c'est bien beau tout ça mais comment obtenir une photo correcte de Djembé éclairé par la lumière du soleil ?". Nous avons vu plus haut, au cours de notre enquête, que la mesure de la cellule allait forcer l'appareil à surexposer Djembé ; pour rétablir la vérité, il faut donc agir dans l'autre sens à l'aide du correcteur d'exposition, c'est-à-dire sous-exposer le cliché. Nous allons par conséquent choisir une valeur négative d'indice de lumination pour assombrir le pelage du félin en question. Comme l'indice de réflexion de Djembé (10%) n'est pas très éloigné de l'indice de réflexion du sujet moyen (18%), on sous-expose d'une valeur comprise ente -1/3 et -1 IL maximum.

Djembe1
Correction d'exposition -2/3

Djembe2
Correction d'exposition -1

Ah ben voilà des photos dignes de mon beau chat noir...

Par contre, dans le cas de la blanche neige, nous avons vu qu'elle réfléchissait 80% de la lumière, pour une mesure  toujours étalonnée à 18% pour la cellule de l'appareil ; il va donc falloir faire une correction plus importante... et dans l'autre sens bien sûr (j'espère qu'il y en a encore quelques-un(e)s qui suivent !). La neige allant apparaitre grise, il faut surexposer le cliché pour retrouver sa blancheur éclatante ; on agira en choisissant une valeur positive élevée d'indice de lumination (réglage de +1 1/3 à +2 IL).

neige2
Sur cette photo, il manque encore un peu de correction pour que la neige soit vraiment blanche... mais c'est déjà mieux que la précédente !

Il ne vous reste maintenant plus qu'à faire un peu de lecture de notice (pas toujours très claire... mais dans ce cas vous connaissez la solution maintenant ! lol) pour localiser la compensation d'exposition sur votre appareil ; ensuite, il faut trouver un chat noir (je rassure les blondes, ça marche aussi sur les chiens ou autres animaux noirs !) pour les travaux pratiques. Notez qu'en ce moment, il est plus facile de trouver un chat noir que de la blanche neige...

PS : Certain(e)s d'entre-vous constateront à la lecture de leur notice que la compensation d'exposition n'agit que dans certains modes de prise de vue. En effet, sur les compacts un peu anciens (achetés depuis plus de 3 jours... lol !) il faut passer en mode semi-automatique priorité ouverture (noté A) ou priorité vitesse (noté S) pour avoir accès à ce réglage. Peut-être verrons-nous dans un prochain article (en avril 2012 !) les subtilités de ces modes semi-automatiques... mais je ne promets rien!

Posté par CathKiScrap à 07:00 - - Commentaires [83]
06 février 2008

Composition d'images (2)

Nous avons vu hier que lorsque nous prenons une photo, nous devons penser aux lecteurs de cette photo, en délivrant un message clair où le sujet principal doit se reconnaitre facilement. L’idéal étant de guider les lecteurs à travers notre composition afin de leur faire découvrir tous les éléments secondaires puis d’arrêter leur regard sur le sujet principal. Pour ceci, nous pouvons nous aider de la perspective qui introduit une troisième dimension à notre image.

Rocher1

Sur cette photo prise au Mali, le sujet principal apparaît seul au centre du cliché ; c’est donc une composition statique et sans relief, parasitée par le petit bout de branche sur la droite (comme vous le voyez ici, les moindres petits détails peuvent gâcher une photo).

Rocher2

Là c’est mieux… Notre œil est introduit dans le cadre par le fruit du baobab placé en haut à gauche ; ensuite, il suit la branche en descendant, puis il explore la perspective ainsi créée et va s’arrêter sur ce joli rocher. Notre œil a été conduit jusqu’au sujet principal de cette photo. Ceci est donc la preuve, s’il en fallait une, que la composition hiérarchise et oriente la vision... Un petit truc en passant : pour obtenir une perspective, il suffit d’inclure un premier plan dans votre composition. En pratique, ce n’est pas toujours évident, bien que souvent il suffise de se déplacer pour mettre la main sur un premier plan intéressant comme sur l’exemple ci-dessous.

Dades1

Cette photo de la vallée du Dades au Maroc est plate ; de plus la ligne marron des collines la coupe en deux, ce qui n’est pas terrible. Le sujet principal n’apparait pas clairement… au fait y en a-t-il seulement un ?

Dades2

En rajoutant un ingrédient, la photo gagne une perspective et un sujet principal clair qui est le bouquet de palmiers ; d’ailleurs celui-ci respecte la règle des tiers, vous vous souvenez ? Du coup, l’Atlas enneigé a perdu le premier rôle, qu’il semblait avoir, sans en avoir vraiment l’étoffe, sur le 1er cliché. Il sert maintenant de toile de fond au bouquet de palmiers et cela lui va très bien. La ligne d’horizon a changé ; il y a maintenant environ 2 tiers de ciel bleu qui font bien ressortir notre bouquet de palmiers.

Cet exemple illustre bien que c’est le photographe qui a la main sur la composition. Pour ceci il doit avoir de l’imagination, de la patience (plusieurs kilomètres séparent les deux photos précédentes). Surtout il ne doit jamais oublier que les différents éléments entrant dans une composition doivent être liés par une réelle harmonie de couleurs, de sujets ou de lignes.

Malienne1

Nous avons ici une belle harmonie de couleur. Pour l’obtenir, j’ai suivi sur quelques dizaines de mètres cette belle malienne jusqu'à avoir un arrière plan digne d’elle. Il m’a fallu également déterminer les éléments qui allaient entrer dans ma composition toujours dans le but de privilégier pour ce cliché l’harmonie de couleur. Il a donc était nécessaire de sortir du cadre tout l’environnement classique au Mali ( quelques dizaines d’autres personnes, les charrettes omniprésentes sur ce marché, les poteaux et fils électriques, les ordures au sol, le sol lui-même, la tenue vestimentaire trop colorée de la belle malienne). J’ai utilisé le zoom pour faire cette photo et obtenir l’effet pressenti dès que j’ai aperçu mon modèle. Sans projet précis concernant la composition de cette photo, elle serait restée ainsi :

Malienne2

Lorsque nous créons une composition, il faut guider l’œil de nos lecteurs et le conserver dans notre cliché jusqu'à l’élément principal. Pour ceci, encore un automatisme de notre œil à connaitre : lorsqu’il aura identifié un visage, il va aller chercher les yeux de ce visage et suivre la direction de ce regard. Par conséquent, il faut éviter que ce regard n'entraine les yeux du lecteur en dehors de notre photo trop rapidement, comme c’est malheureusement le cas dans l’exemple ci-dessous.

singe

Nous éliminons ce risque en demandant au sujet de regarder le photographe. D'accord me direz-vous, mais où va t-on  placer les yeux de notre personnage? 

vache_grille1

Meuh, meuh ! ça c'est pour attirer le regard de 5536.  La réponse est : sur un point fort pardi ! Vous vous rappelez j'espère !

Birmane_fagot

Si vous arrivez à identifier l'oeil  le plus proche de vous, ce sera celui-là qu'il faudra placer sur un point fort.

Si ils sont dans le même plan, plaçons-les tous les deux sur un point fort, comme cela il n’y aura pas de jaloux.

vache_grille

Je remercie 5536 pour sa collaboration à cet article.  Ce fût un sujet très agréable à traire, heu non... je voulais dire à traiter.

Pour les photos de paysage, nous pouvons emprunter une technique utilisée par les cinéastes, pour conserver l’œil du spectateur dans l’image. Sur l’exemple ci-dessous, notre œil entre dans la photo en suivant la ligne du sommet de la colline située à gauche. Il va ensuite voir la montagne en arrière plan centrale, puis, il vient buter sur l’arbre qui borde le coté droit. Celui-ci empêche le regard du lecteur de sortir du cadre. Il va même l’inviter à prendre le chemin formé par les galets pour l’emmener au cœur du sujet principal de cette photo, j’ai nommé le lac. Le fait de placer un sujet en bordure droite du cliché, verrouille celui-ci et permet de renvoyer notre lecteur au centre de la photo.

Lac_Laffrey

Pour mettre en valeur le lac, il a suffit ici de décentrer la ligne d’horizon sur une des lignes de force, pour réserver les deux tiers de la hauteur de la photo à l’étendue d’eau. Retenez qu’il faut éviter de centrer une ligne d’horizon. Vous allez donc favoriser soit le ciel, soit l’eau ; à vous de repérer ce qui sera le plus spectaculaire. Le fait de placer la ligne d’horizon sur une ligne de force va vous aider, si vous disposez de la visualisation du quadrillage bien sûr, a obtenir un horizon horizontal. Ce qui est loin d’être facile. Il faudra quand même bien tenir votre appareil au moment d’appuyer sur le déclencheur car c’est à ce moment-là que l’horizon va prendre de la gîte, comme on dit dans la marine, et pencher méchamment à droite. Bon vous allez me dire que vous avez un logiciel de retouche pour arranger cela, oui mais c’est quand même mieux de livrer une photo prête a scrapper n’est-ce pas ?

Nous allons maintenant revenir sur un point important. Nous avons vu dans l’exemple de la nécropole de Myra en Turquie qu’une photo horizontale était plus reposante pour l’œil du lecteur qu’une photo verticale. Ceci est valable aussi pour les éléments de la composition. Des lignes horizontales sont interprétées comme étant froides, elles inspirent le calme, le repos, la paix. Quant aux lignes verticales qui sont des lignes chaudes, elles sont synonymes d’ascension, d’aspiration. Tout ceci pour dire qu’il n’est pas interdit de faire des photos verticales, bien au contraire. C’est le sujet principal qui va influencer votre choix.

Pont_U_Bein

Pont U Bein d'Amarapura en Birmanie

Je vous l’accorde sur cet exemple, j’ai poussé le chauffage à fond volontairement (lignes chaudes + couleurs chaudes)

Il est même possible de mixer des lignes verticales à un plan horizontal comme sur la photo ci-dessous :

Temple_Birmanie

Temple à Bagan en Birmanie

Nous pouvons également nous servir des lignes verticales pour créer une perspective qui va conduire notre œil loin à l’intérieur de la photo, jusqu'à ce minaret de Tetouan au Maroc par exemple. Ici, l’œil du lecteur est bien encadré par les palmiers qui bordent cette allée ; il ne peut donc s’échapper du cadre... et hop un lecteur de piégé !

Tetouan

Puisque nous parlons de perspective, il faut savoir qu’en plus des formats portrait et paysage, nous pouvons aussi utiliser les diagonales de la photo pour accentuer cette perspective.

Epices

Epices au bazar égyptien d'Istambul

J’ai ici utilisé la diagonale la plus harmonieuse, qui relie le coin inférieur gauche au coin supérieur droit du cadre. Il est donc possible de créer une troisième dimension qui va donner du relief à un sujet inerte.

Hierapolis

A Hiérapolis (Turquie) la diagonale descendante du coin supérieur gauche au coin inférieur droit est une ligne puissante qui entraine malheureusement le regard du lecteur en dehors de l’image. A éviter donc !

Vous savez maintenant que notre œil a des automatismes qui lui sont propres. La connaissance de ceux-ci va nous permettre de diriger le regard de nos lecteurs où bon nous semble. Bien sûr, il faudra d’abord déterminer ce que nous souhaitons mettre en avant sur un cliché. En tant que scrappeuses, vous pouvez même anticiper votre page future en jouant sur la composition de la photo qui, à ce moment-là, pourra même s’affranchir des règles un peu rigides que nous venons d’évoquer.

Lorsque vous tenez un sujet qui a du corps, n’hésitez pas à varier les prises de vues : vue d’ensemble, vue rapprochée, détails. Toutes ces compositions différentes vous permettront d’avoir des photos homogènes qui pourront vous servir à élaborer un mini-album. N’oubliez pas la troisième dimension d’un cliché : celle-ci peut naître de la perspective ou être apportée par une atmosphère ou une émotion qu’il vous faudra saisir.

Vous allez pouvoir passer à la mise en scène de vos photos ; vous constaterez qu’il n’est pas toujours possible de mettre en application tout ceci ! A vous de faire au mieux. Une fois la photo réalisée, servez-vous de la théorie pour analyser votre composition. Cela vous aidera à gagner du temps pour la prochaine séance car c’est votre rapidité d’action qui va permettre de capturer l’instant fugitif où toutes les conditions sont réunies pour la PHOTO.

"La photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard."
John Steward Mill

Posté par CathKiScrap à 07:00 - - Commentaires [69]
05 février 2008

Composition d'images (1)

Je laisse une "petite" place à mon cher et tendre aujourd'hui, pour un article sur la photo (attendu impatiemment par certaines d'entre vous !!!). L'article étant assez long, il est scindé en deux et vous aurez donc la suite demain...

Le sujet du jour sera la composition d’images, comme promis dans l’article précédent (oui je sais, il commence à dater… mais c’était pour vous laisser le temps de mettre en pratique… et puis ce n’est pas à coté la Turquie, le Sri Lanka, la Birmanie !). C’est bon, vous êtes revenu(es) ? Nous allons pouvoir commencer alors. J’espère que ce sera moins barbant que la composition française… vous vous rappelez ? Des pages d’écriture sans une seule photo pour illustrer un sujet inintéressant au possible. Il va y avoir quand même quelques similitudes puisque nous allons parler de sujet, d’adjectif, de texte, de lecture.

Non, la composition d’images n’est pas un nouveau nom pour le scrap, bien que les règles qui vont suivre soient tout a fait applicable pour construire vos futures pages.

La composition d’images, c’est tout simplement l’art de disposer dans le cadre les différents éléments présents sur une photo.

Pour réussir cet exercice (non, non, ne vous jetez pas sur votre appareil, il y a tout plein de trucs à savoir avant même de penser faire des clichés), il faut se mettre à la place du « lecteur de la photo ». En effet c’est le mécanisme de fonctionnement de notre regard qui va déterminer les grands axes d’une composition harmonieuse.

La deuxième condition de réussite est de s’interroger sur l’impulsion qui nous fait dégainer l’appareil photo pour immortaliser la scène qui se déroule devant nos yeux. Ceci va permettre d’identifier le sujet principal de notre futur cliché et d’éliminer tout ce qui risque de le parasiter aux yeux du lecteur. Cela va également déterminer la troisième dimension de ce cliché, qui pourra être une belle perspective pour un paysage , une simple mise en valeur de l’esthétique d’un objet, le ressenti d’une atmosphère particulière (plus difficile à faire passer), l’expression d’une émotion pour un portrait de personnage.

Un petit truc au passage, pensez à un adjectif qui caractérise la scène en question, ceci  vous aidera à l'analyser rapidement pour savoir ce qu'il a lieu de mettre en avant.

En fonction de la réponse à notre interrogation, nous allons décider si le point de vue actuel va nous permettre de réaliser ce cliché correctement ou s’il va falloir se déplacer pour obtenir un meilleur résultat. En effet, concernant les photos de paysage ou les scènes de vie, c’est le déplacement du photographe qui va induire une nouvelle composition. Par contre, dans le cas de la réalisation d’un portrait, le déplacement du sujet suffit à modifier l’arrière plan et de ce fait la composition. Il y a également un élément technique de l’appareil photo qui peut vous aider à changer votre composition ; il porte le nom bizarre de zoom. Il va permettre d’isoler votre sujet principal de la cacophonie ambiante pour le mettre en valeur.

Les photos ci-dessous sont des compositions différentes d’un même lieu (mosquée de Teli au Mali)

Voilà le monument dans son ensemble, mis en valeur par la végétation environnante. 

mosquee4

En élargissant le  plan, la photo devient un mix de scène de vie et de paysage. La présence de cette Malienne permet au cliché de refléter la quiétude ambiante. Elle va aussi aider à évaluer les dimensions de la mosquée.

mosquee2

Pour attirer l'attention sur l'architecture de cette superbe mosquée, j'ai utilisé  le zoom

mosquee1

Poussons un peu le zoom pour une vue de détail architectural.

mosquee3

Par expérience, le zoom d’un compact numérique doit être d’au moins x5 pour apporter un plus à votre création, comme sur l'exemple ci-dessous, où les 2 photos sont prises du même endroit.

Sri_Lanka1

Vue d'ensemble d'une colline de Nuwara Eliya au Sri Lanka où se côtoient  plantations de thé et  jardins.

Sri_Lanka2

Pour mettre en avant ce jardin fantastique qui avait attiré mon attention, j'ai utilisé le zoom x5 au maximum.

Nous allons maintenant nous placer du côté du lecteur de la photo pour analyser la mécanique de lecture imposée par notre œil.
Tout d’abord, retenez que nous lisons littéralement une photo comme nous lisons un texte. Pour nous, occidentaux, ce sera de gauche à droite et de haut en bas.
Sachez également que l’œil humain a un champ de vision nette très étroit . Pour nous transmettre une image nette dans sa totalité, notre œil va donc la balayer d’un mouvement continu extrêmement rapide. Il ira de gauche à droite et de haut en bas ; ceci est appelée la lecture en Z. C’est pour cette raison qu’une photo au format paysage (horizontale) sera plus reposante à regarder qu’une photo au format portrait (verticale). Notre œil ira plus facilement explorer la profondeur d’un tel cliché.

Myra1

Nécropole rupestre de Myra en Turquie.

Myra2

La vue horizontale plus reposante rajoute de la perspective

Pour illustrer le propos suivant, vous pouvez prendre votre appareil en main et ouvrir l’objectif. Que voyez-vous ? Un cadre de visée positionné bien au centre. Ce cadre va vous conditionner et vous faire centrer le sujet principal de vos compositions. Ceci est à éviter au maximum. Ne vous laissez pas influencer de la sorte car vos compositions vont être trop symétriques et de ce fait très statiques. De plus, notre œil (encore lui !) n’aime pas se reposer au centre d’une image. Retenez que ce cadre de visée est destiné à l’autofocus qui va faire la mise au point sur votre sujet principal. Appuyez pour ceci à mi-course sur le déclencheur ; il faut ensuite déplacer l’appareil en maintenant le déclencheur à moitié pour décentrer la composition.

Pecheur1

Le pêcheur d'Ahangama (Sri Lanka) est centré sur ce cliché ; de plus il pose un peu trop...

Pecheur2

Ah ! Voilà de l'action ! Le décalage du pêcheur  apporte  du  dynamisme  à cette photo.

Vous allez me dire, « d’accord pour ne pas centrer, mais alors je le place où, ce sujet qui devient encombrant tout à coup ? »

Et bien ce sont les peintres qui vont répondre à cette question. En effet les peintres de la Renaissance ont déterminé une règle toujours en vigueur aujourd’hui appelée règle des tiers. Pour appliquer cette règle, il faut partager la hauteur et la largeur de votre futur cliché en trois parties égales. Ceci va nous donner 9 rectangles délimités par les bords de la photo et par deux lignes horizontales et deux lignes verticales. Ces lignes sont appelées lignes de force. Avec un peu de chance votre appareil doit avoir une fonction qui permet de faire apparaître ce quadrillage directement sur l’écran, ce qui vous évitera bien des maux de tête à imaginer ces foutues lignes. Voyons ce que ça donne en vrai :


grille_1

Maintenant nous allons nous intéresser à quatre points appelés points forts, qui sont des passages obligés pour l’œil qui examinera cette image. Ces points se situent aux intersections des lignes de force. Ils sont matérialisés en vert sur la figure ci-dessous :

grille_points_1

Voilà, vous avez la réponse pour le placement de votre sujet principal… Il doit être sur un point fort, ou sur deux points forts s’il a des dimensions importantes.

Dans l’exemple ci-dessous, cette charmante indonésienne se retrouve au centre du cliché : nous avons vu qu’il faut éviter ceci. De plus cette composition fait apparaître un sol peu esthétique qui attire méchamment notre œil.   

Indonesienne1

Je me suis donc approché (après avoir constaté que sa serpette n’était pas très affutée, bien sûr !), et je l’ai décentrée vers la droite ; elle se retrouve donc sur deux points forts. Ses mains ne sont pas très loin d’un 3ème point fort, ce qui a pour effet de polariser notre attention sur son activité. Sur cette composition, la portion de terre nue a disparue et ne parasite plus la lecture de cette image.

Indonesienne2


Nous connaissons donc maintenant 4 points très important pour l’œil du lecteur. Il faut savoir également qu’en plus de la lecture en Z, notre œil établit des priorités pour s’arrêter sur un élément plutôt qu’un autre. En premier lieu il va être attiré par l’apparence humaine ou animale, puis il va se concentrer sur le mouvement (une surface d’eau, des nuages, le soleil sont considérés comme en mouvement ) et en dernier ressort notre œil va aller voir tout ce qui est inerte avec une priorité pour les masses importantes. Notre œil va aussi être très attiré par une zone claire, au détriment bien sûr du sujet principal de la photo.

Nous pouvons le constater sur la photo ci-dessous, ou le photographe a pris soin de décentrer le sujet principal, d’enlever de la composition un maximum de sol, mais pas de chance il reste une peau de chèvre très claire qui attire le regard irrésistiblement.

Mali_zone_claire

Nous allons faire une pause pour digérer tout cela. Je vous retrouve demain pour aborder les effets de perspective ; nous parlerons aussi d'harmonie, de lignes froides ou chaudes et utiliserons une technique issue du cinéma pour conserver le regard de nos lecteurs à l'intérieur du cliché. Gardez en mémoire les lignes de force et les points forts qui sont indissociables de la réussite d'une photo. A demain, si vous le voulez bien!

"Une photographie, c'est un arrêt du coeur d'une fraction de seconde."
Pierre Movila

Posté par CathKiScrap à 07:45 - - Commentaires [64]
17 mai 2007

Lumière intérieure

Pour compléter ma précédente intervention traitant de la lumière solaire, nous allons parler aujourd’hui de lumière artificielle. En effet, pour les photos prises à l’intérieur, il va nous falloir aussi de la lumière. Celle-ci  peut provenir de plusieurs sources : ampoule électrique, tube néon, bougie, lampe de poche… tout ceci complété éventuellement par le flash de l’appareil photo. Bien entendu, ce seront les faibles éclairages qui vont nous limiter le plus pour réussir nos clichés.

Dans ces conditions de prises de vue, nous allons très vite toucher les limites du compact numérique qui, en général, n’offre pas une sensibilité élevée ni un flash performant.

Mais tout d’abord qu’est ce que la sensibilité ?
C’est la capacité d’un appareil  à traiter la lumière disponible pour prendre une photo.
Pour les
appareils argentiques, c’est une caractéristique amenée par la pellicule ; pour les appareils numériques, c’est la combinaison du capteur interne et de l’électronique qui crée cette caractéristique.
On mesure ce paramètre à l’aide de l’échelle ISO qui va de 25 à 3200. Un chiffre élevé correspond à une sensibilité  élevée de l’appareil et donc à un besoin de lumière plus faible. Vous suivez toujours ?

A titre d’exemple : 
- une sensibilité de 100 sur l’échelle ISO est suffisante en extérieur au soleil
- 200 convient bien par temps couvert ou en intérieur avec flash
- 400 sera utilisée pour des photos sans flash en intérieur avec éclairage
- par contre, en intérieur avec un faible éclairage, il faudra monter à 800 et même au-delà si l’usage du flash est impossible.

Heureusement, les fabricants font évoluer vers le haut de l’échelle la sensibilité de leurs appareils et permettent ainsi d’élargir petit à petit le champ d’utilisation d’un compact numérique. La preuve en photo :

Photo 1 : prise sans flash (usage interdit pour protéger les peintures anciennes restaurées) dans une église rupestre de Göreme en Turquie, avec un très faible éclairage et une sensibilité de 400 qui était ce qu’on trouvait de mieux en 2005. Résultat : un flou catastrophique ! En effet, une sensibilité basse nécessite un grande quantité de lumière pour faire une photo. Pour l'emmagasiner, l'appareil va donc ralentir sa vitesse d'obturation ce qui va accroitre le risque de bougé de celui-ci. Pour éviter cela, deux solutions : utiliser un trépied ou augmenter la sensibilité de l'appareil.      

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Photo 2 : prise dans un temple de Bagan (Birmanie) dans les mêmes conditions mais avec une sensibilité de 3200 ; c’est nettement mieux.

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Photo 3 : prise avec flash (ISO100) dans une autre église rupestre de Gorëme. Ouf ! Avec le flash, ça marche  !

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Photo 4 : lorsque la lumière artificielle et le flash se complètent bien, on obtient un bon résultat (ISO 150). Peinture murale - grottes de Dambulla (Sri Lanka).

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Photo 5 : en l'absence totale de lumière, pensez à la lampe de poche qui permet de prendre des photos sans flash. Bouddha dans un temple de Bagan (Birmanie), sensibilité de 3200

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Photo 6 : une sensibilité élevée (ISO 1600) permet de photographier sans flash des détails qui auraient était surexposés par celui-ci.   Bagan 

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Photo 7 : ici la lumière du flash se serait reflétée de manière inesthétique à la surface de la laque ; nous sommes toujours à Bagan (ISO 3200).

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Photos 8 et 9 (encore à Bagan) : j’utilise la forte sensibilité pour masquer des arrières plans pas très esthétiques qui seraient dévoilés par la lumière du flash. Les deux photos suivantes illustrent bien ceci. Par contre, l’inconvénient principal de la haute sensibilité (ISO 3200) apparaît nettement sur la 1ère image : il s’agit du grain du cliché qui est plus gros, d’où un aspect granuleux qui interdira tout agrandissement.

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sans flash

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avec flash

Photo 10 (Bagan) : sensibilité de 3200 sans flash pour ne pas faire ressortir le mur arrière et conserver le rayon de lumière naturelle qui pénètre par une ouverture judicieusement placée.

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Photo 11 et 12 (Shwe Nandaw - Birmanie) : toujours le souci de cacher des détails... Ici, hop ! un tour de magie, la chaîne disparaît sur la photo sans flash ( ISO 3200). Par contre le relief, lui, est bien présent.

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avec flash

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sans flash, et avec un cadrage plus soigné

Photo 13 et 14 (Bagan) : belle ambiance de la photo sans flash (ISO 3200) qui retransmet tout à fait le puits de lumière qui descend sur Bouddha. Sur le deuxième cliché, le flash éclaire uniformément le bas de la scène mais n'a pas assez de puissance pour éclairer le haut de bouddha.

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sans flash

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avec flash, cadrage plus large

Photo 15 et 16 : Tête du bouddha couché du Shinbinthalyaung (Bagan). Joli relief de la première photo prise sans flash (ISO 3200) tandis que la seconde avec flash est un peu plate sans être toutefois surexposée.

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sans flash

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avec flash

Mais, allez vous me dire, à quoi sert le flash si une haute sensibilité de l’appareil photo peut le remplacer ?

Et bien, nous allons voir maintenant, des situations où le flash apporte un plus indéniable :

Au niveau rendu des couleurs, entre ces deux photos de marionnettes de Mandalay (Birmanie) la seconde prise au flash est bien plus chaude

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sans flash

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avec flash

L'exemple suivant, très complet, va nous permettre d’aborder plusieurs sujets. En premier lieu, la composition d’une image, c'est-à-dire tout les détails qui vont former cette image (nous en reparlerons longuement dans un article à venir car c’est, à mon sens, un des éléments important de la réussite d’un cliché). Ensuite, vous allez voir concrètement qu’une bonne autocritique faite sans complaisance permet de progresser, cela reste mon objectif (tiens, un jeu de mot !) permanent.

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Je ne sais ce que vous pensez de cette photo, prise dans un long bâtiment voûté de Bagan avec une sensibilité de 3200, sans flash. Pour moi c’est une photo lamentable ! La composition de l’image est assez désastreuse, en effet la lumière perçant à travers les quelques ouvertures de ce bâtiment fait beaucoup trop ressortir le délabrement de la voûte et des murs et laisse apparaître un sol omniprésent. De plus, sur les vingt mètres que mesure ce bouddha couché, nous n’en voyons que seize…Où sont passer les quatre autres ?  Mon expérience cinghalaise m’a appris que le corps d’un bouddha couché doit être entier ou ne pas être. Bref,  il règne sur ce cliché  un air de décrépitude, accentué encore par la grossièreté du grain de la photo, pas du tout en accord avec l’émotion ressentie au chevet de ce superbe bouddha

C'est là que le « créateur d’images » doit intervenir pour trouver un moyen de fixer sur la carte mémoire cette belle émotion qu’il ressent.  Pour commencer, nous allons changer d’angle de prise de vue. Reculons au maximum pour avoir la totalité du bouddha sur le cliché ; prenons un peu de hauteur… pour ceci j’ai dû grimper dans une niche du mur ( et oui, la position pour avoir le bon angle n’est pas toujours confortable, il n’y a que dans les pubs où le héros shoote d’une main tout en enlaçant une créature de rêve de l’autre) pour changer l’inclinaison de l’appareil et faire disparaître la voûte délabrée. Voilà cela devrait aller mieux sur cette photo toujours prise sans flash à une sensibilité de 3200.

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Nous avons même assombri une grande partie du sol et accentué les voûtes de lumière ce qui restitue une atmosphère très zen correspondant avec le sujet de la photo et avec l’émotion  du photographe.

Il reste maintenant à améliorer le grain de la photo et à rajouter de la couleur pour parfaire le tout. Utilisons donc le flash puisque nous avons vu que ce sont ses points forts. De plus l’appareil va diminuer sa sensibilité (ISO 800) puisque le flash va lui apporter de la lumière avec toutefois une portée limitée (nous utilisons ici à notre avantage un défaut du compact cité au début de l’article ) ce qui va contribuer à laisser dans le noir l’environnement décrépi du bouddha. Et voilà le travail : le bouddha couché du Shinbinthalyaung en entier et en couleur avec une zen-attitude en provenance du onzième siècle qu’il n’aurait jamais dû perdre.

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Continuons avec trois exemples qui utilisent la faible portée du flash pour faire ressortir du relief sur nos clichés.

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Ici, à Dambulla au Sri Lanka, la statue est mise en avant par la surexposition de la lumière du flash.

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Sur cette photo prise dans les grottes de Dambulla , la perspective est accentuée par l’atténuation progressive de l’éclairage du flash.

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Sur cette peinture murale du Sri Lanka, l’élephant est mis en relief par la surexposition de la partie gauche de la fresque et le moindre éclairage de la partie droite.

Il nous reste maintenant à utiliser le moindre rayon de lumière pour faire deux photos sans flash (ISO 100), pleines de contraste,  pour prouver que Cath aime vraiment les fleurs (tiens une infidélité à Prima) et les chats, y compris ceux du monastère de Shwe in Bin en Birmanie qui le lui rendent bien apparemment.

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Pour conclure, j’espère vous avoir convaincus de l’importance du critère de sensibilité qui vous permettra une liberté de création accrue en situation de faible éclairage. Ne délaissez pas l’usage du flash qui malgré des performances limitées peut dans certaines conditions être un plus appréciable.

Dans le but de progresser, pratiquez l’autocritique constructive ; pour ceci, commencez par définir le style de photos qui vous plait. Il est évident qu’il faut d’abord avoir une vision de ce que l’on veut obtenir afin de comparer avec ce que l’on a. Pour ceci, prenez du temps (tiens, on en reparle pour un nouvel usage !). On trouve sur internet  tous les styles de photos qui existent sur la planète avec en plus la possibilité de choisir un sujet précis.

Personnellement, pour préparer nos voyages, j’utilise beaucoup les carnets de voyage, les blogs  et les sites en rapport avec le pays où nous nous rendons. Cela permet d’avoir un aperçu sur le contenu de mes prochaines photos et sur la meilleure façon de les traiter. Pensez aussi qu’il existe de très beaux livres avec des photos de professionnels, qui donnent des idées de composition et de cadrage accessibles à tout le monde.

Le conseil pratique du jour : Si vous photographiez au flash des zhumains en intérieur, actionnez systématiquement le mode anti-yeux rouges. En effet, le flash éclaire les vaisseaux sanguins du fond de l’œil et rougit ainsi les yeux. La lumière vive générée par le mode anti-yeux rouges va forcer la pupille à se fermer avant l’éclat du flash et éviter ce désagrément bien connu de tous. Avec Bouddha, aucun problème ! Il conserve toujours de beaux yeux !

Je vous laisse méditer la citation ci-dessous qui pourrait être une excellente philosophie concernant la photographie. 

"L'art ne veut pas la représentation d'une chose belle mais la belle représentation d'une chose."
Emmanuel Kant

Posté par CathKiScrap à 08:15 - - Commentaires [33]
04 avril 2007

Lumière sur mes photos...

Je laisse aujourd'hui la "parole" à mon Zhomme, qui nous fait partager habituellement ses photos et qui, à la demande de La Madrilène, nous fait aujourd'hui partager son approche de la photo. J'espère que cela vous plaira... En tout cas, je peux vous assurer qu'il a passé du temps à vous concocter ce premier article qui, selon vos réactions, aura peut-être une suite...

Pour répondre à la demande insistante de Sandrine, je vous propose d’intervenir de temps à autre sur le blog de Cath afin d’expliquer la réalisation des photos que vous avez l’air d’apprécier. Nous laisserons de côté la partie technique qui fait la différence entre un photographe professionnel et un amateur, avec tout le matériel qui va avec. Pour ma part je n’utilise qu’un petit compact numérique peu encombrant, et surtout rapide à mettre en œuvre car l’expérience m’a prouvé que les bonnes conditions pour « shooter » ne s’éternisent pas.  Nous allons nous concentrer plutôt sur l’aspect création d’images (utilisation de la lumière, composition de la photo, angle de prise de vue, cadrage) en nous appuyant sur des exemples concrets.

Je vais procéder par étapes car la réussite d’un cliché dépend de nombreux paramètres qu’il n’est pas toujours évident de réunir au moment opportun. Nous allons voir que cette réussite est largement conditionnée par des choses qui, à première vue, n’ont rien en commun avec le fait d’appuyer sur le déclencheur.

Pour imager ce propos, comparons la photo finale avec un plat cuisiné ; il va de soi que dresser la liste des ingrédients, se rendre au marché pour les acheter, les préparer en cuisine va prendre énormément plus de temps que d’arrêter la cuisson au bon moment. Pour aller jusqu’au bout de la comparaison, on peut assimiler le scrapbooking, qui va habiller la photographie, à l’art de présenter le plat. Par contre, pour la cuisine comme pour le scrap, ne comptez pas sur moi pour vous conseiller !     

Tout d’abord, nous allons citer les trois ingrédients de base :

-          la lumière, sans laquelle aucune photo n’est possible,

-          du temps… et oui, c’est à mon sens un facteur essentiel pour créer de belles images ; nous verrons au fur et à mesure comment l’utiliser.

-          un bon appareil photo, pour retranscrire fidèlement l’émotion ou l’atmosphère qui justifie la prise du cliché.         

Concernant la lumière, pour les photos prises en extérieur, la source sera notre bon vieux soleil. Son éclairage va dépendre fortement de la météo mais aussi de l’endroit de la planète où nous nous trouvons (exceptionnelle au Maroc, nettement moins bonne en Asie) et de l’heure du jour à laquelle nous opérons.

Témoins ces quatre photos prises à Pammukale, en Turquie, le même jour, avec le même appareil, mais à des moments, donc des éclairages, différents.

La première est éclairée verticalement par le soleil de début d’après-midi (14h00), qui met nettement en avant les couleurs mais qui écrase le relief.

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La seconde est éclairée latéralement (17h00) ; le jeu d’ombres fait ressortir les contours des vasques et donne un relief très graphique.

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La troisième a été prise dans l’ombre, à 18h00. La faible réverbération de la lumière ambiante sur les surfaces couvertes d’eau les fait miroiter.

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Pour la dernière, j’ai profité de la lumière moins forte de fin d’après-midi (17h30) pour faire un contre-jour qui va complètement transformer le rendu du cliché .

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Il est à noter que les changements d’angle entre ces quatre photos optimisent l’éclairage en fonction de l’ambiance recherchée. C’est sur ce point-là que vous pourrez agir une fois sur place en prenant le temps (tiens, on commence à utiliser le 2ème ingrédient…) d’essayer différentes prises de vues .    

Lorsque le soleil est bas dans le ciel (au lever ou  au coucher), la lumière est chaude car les rayons solaires traversent obliquement une plus grande quantité d’eau et de poussières contenues dans l’atmosphère.

De ce fait, il y a dispersion des longueurs d’onde bleues, ce qui donne une lumière plutôt jaune ou orangée.

Cet éclairage est du plus bel effet sur les vieilles pierres. Ces trois clichés de l’Alhambra de Grenade, en Espagne, illustrent bien cet état de fait.

Le premier a été pris dans l’après-midi ; l’angle différent n’interfère pas sur la couleur du palais qui est fidèle à la réalité sur cette photo (dominante de gris).

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Les deux suivants ont été pris juste avant le coucher de soleil. On peut voir une évolution rapide de la coloration entre ces deux photos prises à sept minutes d’intervalle.

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Quant à la météo, son interaction sur la réussite des clichés semble évidente. Pour s’en convaincre, regardons ces deux photos prises à Bagan, en Birmanie.

La première a été faite le seul jour nuageux de notre séjour.

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La seconde a été faite avec un beau ciel bleu.

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Pour ma part, il n’y a pas photo (c’est le cas de le dire) : entre les deux,  le ciel bleu l’emporte haut la main. Toutefois, s’il est vrai qu’un ciel couvert peut donner de beaux résultats, j’ai quand même tendance à préférer les belles couleurs mises en lumière par le soleil.

Bien que l’homme ne puisse encore influencer le temps qu’il fait, nous avons trouvé un moyen tout simple pour y remédier. Nous choisissons toujours notre destination de voyage en fonction de la météo à la date où nous serons sur place. Nous avions un moment de libre pour partir en février ; la Birmanie s’est imposée comme une destination idéale. En effet, en février il y a 9 heures d’ensoleillement par jour, aucun jour de pluie et une température pas trop élevée. A contrario, au mois d’août, le soleil ne sort que 3 heures par jour et il y a 25 jours de pluie. Voilà comme on peut influer sur la météo et donc contribuer six mois à l’avance à la réussite de nos clichés. Pour reprendre la comparaison avec la recette de cuisine, on se situe à l’étape du choix du plat ! Et là commence l’utilisation de l’ingrédient temps alors que nous sommes encore loin d’appuyer sur le déclencheur.     

Pour résumer, jouer avec la lumière permet d’obtenir des ambiances différentes de la même scène. Cela permet également d’apporter, tel un artiste peintre,  sa touche de couleur personnelle.

Petit conseil pratique : pensez à garder de la place sur votre carte mémoire ainsi que de la réserve de batterie pour pouvoir utiliser la lumière particulièrement chaude de fin d’après-midi. Car c’est à ce moment là que la magie entre en scène…

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Pammukale, 18h08, transformation de l’eau en or liquide….   

"Une photo ? C'est l'instant qui s'arrête, les sentiments qui demeurent et la vie qui s'en va."
                       Jérôme Touzalin

Posté par CathKiScrap à 08:03 - - Commentaires [40]


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